Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, ne voit pas d'un mauvais œil les tensions dans l'hémicycle

Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, ici le 6 juillet 2022 - Bertrand GUAY / AFP
Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, ici le 6 juillet 2022 - Bertrand GUAY / AFP

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a affirmé samedi ne pas vouloir d'un hémicycle "trop lisse" car il est représentatif des "tensions" qui "traversent" le pays, dans un entretien au Parisien où elle appelle l'exécutif à davantage de "concertation".

"Il ne faut pas concevoir l'Assemblée comme un lieu où le moindre comportement un peu turbulent ou un peu sonore doit être immédiatement sanctionné", a plaidé Yaël Braun-Pivet, concédant qu'à l'issue de législatives marquées par une poussée du RN et de LFI, "l'hémicycle est un peu surchauffé".

"Je ne veux pas d'une Assemblée qui soit trop lisse. Telle qu'issue du scrutin de juin dernier, elle est plus représentative des équilibres politiques du pays mais aussi des tensions qui le traversent", a souligné la députée LREM des Yvelines, tout en assurant qu'elle n'hésiterait pas "à sanctionner lorsque des propos vont trop loin ou lorsqu'il y a du chahut".

Mais "je n'attends pas d'une Assemblée qu'elle soit uniformisée", a-t-elle insisté, récusant les critiques du président de la région PACA Renaud Muselier qui avait dénoncé une "gauche sale, débraillée, qui crie partout".

"J'attends une position d'écoute" de la part de l'exécutif

Dans cette interview, l'élue des Yvelines revient sur la méthode de fonctionnement qu'elle souhaite entretenir avec un exécutif qui "a pu avoir tendance, dans le passé, à vouloir aller vite" mais se trouve désormais privé de majorité absolue.

"J'attends du gouvernement aujourd'hui qu'il soit dans une position d'écoute, de dialogue, et qu'il puisse prendre en compte les sensibilités exprimées par les uns et les autres", explique Yaël Braun-Pivet.

Première femme présidente de l'Assemblée, elle appelle à ce que "chacun, gouvernement compris, puisse prendre le temps de la discussion, de la négociation et de la concertation."

Limiter le recours aux ordonnances

Dans une lettre adressée mardi à Elisabeth Borne et que l'AFP a pu consulter, elle demande à la Première ministre de "mieux anticiper le travail parlementaire, privilégier la présentation de textes concis et valoriser les initiatives de l'Assemblée nationale".

"Il est indispensable que le gouvernement continue à partager avec l'Assemblée nationale son programme prévisionnel de travail de la façon la plus précise possible", a écrit Yaël Braun-Pivet.

Comme elle le faisait auparavant comme présidente de la commission des Lois, elle préconise "des groupes de contact associant les députés des différents groupes politiques et les ministres dans la préparation des projets de loi, dans une optique de co-construction et de recherche des convergences".

Yaël Braun-Pivet a enfin demandé à Elisabeth Borne de "limiter" au maximum "le recours aux ordonnances" et d'y associer les parlementaires autant que possible.

Article original publié sur BFMTV.com

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