Les braquages de banques par des déposants désespérés se multiplient au Liban

Des déposants désespérés par les restrictions drastiques imposées par les banques sur les retraits ont braqué ce mercredi deux agences bancaires pour exiger leurs économies bloquées.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

À Beyrouth, une jeune architecte, active dans le mouvement de contestation, et armée d’un revolver factice, a forcé sa banque à lui remettre 13 000 dollars retirés de son compte, pour soigner sa sœur atteinte d’un cancer.

La scène hollywoodienne, filmée par la jeune femme et par des complices d’une association de défense des droits des déposants, a fait le tour des réseaux. Sali Hafez s’est enfuie en sautant par une fenêtre avant d’accorder tranquillement quelques heures plus tard une interview à une télévision locale.

À Aley, à 20 km au sud-est de Beyrouth, le braqueur a eu moins de chance. Il a été arrêté par les forces de l’ordre.

À la mi-août, le même mode opératoire a été utilisé par un déposant en colère qui a forcé sa banque à lui remettre une partie de ses épargnes pour soigner son père. Son geste a suscité la sympathie d’une grande partie de l’opinion publique.

La multiplication de ce type d’actions illustre le désespoir des déposants de pouvoir récupérer par des voies légales leurs épargnes bloquées par les banques depuis 2019.

La plupart des juges refusent de recevoir ou d’examiner les plaintes des déposants et le gouvernement n’a pris aucune mesure efficace pour préserver les droits des clients face aux décisions arbitraires et illégales prises par les banques.


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