Braquage chez Chanel: "je suis en prison pour un mot", se plaint un accusé au procès

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(Photo d'illustration) - AFP
(Photo d'illustration) - AFP

A-t-il dit "les bagues", comme le soutient la police, ou "les bails", comme il l'affirme? Vendredi, au procès du braquage commis en 2016 dans une bijouterie Chanel à Paris, l'un des accusés s'est plaint d'être "en prison pour ce mot", mal retranscrit, selon lui. Renvoyé devant la cour d'assises de Paris pour "recel en bande organisée", cet homme de 33 ans est accusé notamment d'avoir aidé les braqueurs à revendre les bijoux en Belgique.

Le 19 mai 2016, en à peine deux minutes, une quinzaine de bijoux et de montres d'une valeur totale de 2,2 millions d'euros avaient été raflés dans une boutique du groupe de luxe, sur la très chic avenue Montaigne, à Paris, par plusieurs hommes armés qui avaient ensuite pris la fuite en voiture et à moto. Le butin n'a jamais été retrouvé.

20.000 euros en espèces

Quelques jours après le braquage, au cours d'une conversation avec l'un des autres accusés, sur écoute téléphonique car soupçonné d'être impliqué dans un autre vol commis cinq mois plus tôt chez le joailler Chopard, est évoqué quelque chose qu'il a fallu dissimuler dans une voiture, qui se dirigera ensuite vers le nord de la France.

La présidente de la cour d'assises lit la retranscription de cette écoute, figurant dans le dossier: "J'ai insisté, je sais pas comment t'expliquer, je l'ai aplati tu vois?", dit l'un. "Ca a pu niquer les bagues ou pas?", demande l'autre.

"J'ai pas dit les bagues, mais les bails", mot d'argot qui peut désigner "un truc", assure l'accusé au procès. En l'occurrence, il affirme que "c'était de l'argent" dont il parlait, 20.000 euros en espèces confiés par des amis pour les placer dans de la cryptomonnaie aux Pays-Bas, via une connaissance travaillant dans la finance.

"Si je suis en prison, c’est pour ce mot. Je veux que la vérité soit faite", s'emporte-t-il, estimant que les enquêteurs "se sont trompés" dans la retranscription.

Une autre conversation sur la table

Placé sous mandat de dépôt en juillet 2016 dans cette affaire avant d'être placé sous contrôle judiciaire un an plus tard, l'homme est aujourd'hui incarcéré dans le cadre d'une autre affaire.

Lors de son interrogatoire, de nombreuses questions lui sont aussi posées sur le sens d'une autre conversation, cette fois quelques jours avant les faits, toujours avec le même co-accusé. Il y reproche à quelqu'un de ne pas être "focus à 100%" et ajoute "s'il veut tenter sa chance avec des 'bras cassés', tant mieux pour lui, juste qu'il arrête de prendre l'énergie de nos troupes pour rien, c’est pas le moment".

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Il assure qu'il parlait alors de l'organisation du mariage de sa soeur, et du manque de sérieux de l'homme qui devait tout organiser.

"Vous ne connaissez pas son nom de famille?", s'étonne l'avocat de Chanel et de plusieurs salariés de la société, parties civiles au procès. "Je (ne) suis pas policier, je (ne) demande pas le nom de famille aux gens", lui répond l'accusé.

Comme pour deux autres accusés, jeudi, sa version n'a pas convaincu l'avocat général, qui a qualifié ses explications de "très alambiquées et très laborieuses".

Article original publié sur BFMTV.com

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