Bracelets anti-rapprochement, saisie des armes: Schiappa fait le point sur la lutte anti-féminicides

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Marlène Schiappa sur notre plateau.  - BFMTV
Marlène Schiappa sur notre plateau. - BFMTV

C'était Colmar et la défenestration jeudi soir d'une femme de 48 ans par l'homme avec lequel elle vivait. C'était quelques heures plus tôt la tentative de meurtre au beau milieu d'une rue de Metz de Sevgi - dont le pronostic vital n'est plus engagé - tandis que son agresseur a quant à lui succombé aux blessures qu'il s'est infligé.

Et il ne s'agit là que de deux exemples récents de la longue suite de violences conjugales ou de féminicides qui émaillent l'actualité, sans oublier les affaires sans nombre qui ne parviennent pas jusqu'à l'attention des médias. Ce lundi matin, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, a reconnu sur BFMTV-RMC que des faillites amoindrissaient les dispositifs employés pour tenter d'affaiblir ce fléau. Mais elle a toutefois cherché à tracer une perspective plus encourageante.

Bracelets à attribuer

90 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2020, selon les chiffres livrés par le ministère de la Justice. Et parfois, l'incompréhension se mêle à l'horreur car dans bien des cas, un dépôt de plainte avait fait état de de maltraitances préalables, ou le compagnon violent avait reçu l'interdiction d'approcher sa victime. C'était ainsi le cas du meurtrier de Colmar, mis en examen et écroué samedi.

Ce lundi, Marlène Schiappa a vanté le secours des bracelets anti-rapprochement pour éviter ce type de situation.

"Il y a 1000 bracelets financés", a-t-elle chiffré, admettant bientôt que seuls 78 avaient d'abord été affectés, arguant cependant que cette statistique avait connu dernièrement "une augmentation".

L'ancienne secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes s'est souvenue de déplacements passés: "C'est comme pour les téléphones 'grave danger'. On me disait qu'on en finançait pléthore mais il n'y en avait pas sur le terrain, je demandais où ils étaient et en fait, ils étaient dans des placards car il fallait une décision de justice pour les attribuer". "Dans une circulaire, Eric Dupond-Moretti a rappelé que les bracelets n'avaient pas vocation à rester dans des placards et a demandé que la justice attribue ces bracelets", a-t-elle enchaîné.

La ministre a évoqué une autre circulaire, désignant le retrait systématique du port d'armes aux compagnons violents.

"On prend les armes. C'est la loi, et nous avons publié une circulaire pour retirer obligatoirement le port d'armes aux conjoints violents".

Marlène Schiappa a en effet noté que l'expression consacrée qui veut qu'une femme "meurt sous les coups de son mari" avait tendance à écorner la réalité. "Souvent, et les policiers qui interviennent le savent bien, c'est par les armes à feu et armes blanches", a-t-elle posé.

Un "réveil de la société"?

La lutte contre les violences et les féminicides est aussi affaire d'accompagnement et de considération.

"Nous avons demandé que 100% des plaintes soient prises - c'est-à-dire qu'on ne fasse pas de main courante à la place -, bien qualifiées et transmises au parquet", a listé Marlène Schiappa.

"J'alerte depuis des années pour qu il y ait un réveil de la société", a-t-elle lancé, continuant: "Au moment de l'affaire Daval, quand je parlais de féminicide, on me disait que le mot n'existait pas, que j'en faisais trop". "Il y a des faits qu'on laissait passer qu'on ne laisse plus passer aujourd'hui." La ministre en veut notamment pour preuve le fait que, d'après ses chiffres, 70% des Français connaissent désormais le 3919, numéro spécial pour dénoncer ces actes. Elle a toutefois admis que cette plateforme avait besoin de "davantage de moyens".

Marlène Schiappa a tenté de désamorcer: "Le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir, mais il ne peut pas tout tout seul". "Il y a une forme de détermination à tuer de la part de ces hommes", a-t-elle poursuivi, évoquant bientôt un autre crime: "C'est la même chose que pour les faits de terrorisme. A Mérignac, il a donné deux coups de fusil dans les genoux de sa femme, elle est tombée, il l'a brûlée, il aurait même fait des photos de ce qu il a fait".

Les conclusions du rapport d'enquête définitif de cette affaire devraient être connues ce jeudi.

Article original publié sur BFMTV.com

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