Brésil: São Paulo impose un couvre-feu et suspend le foot pour contenir le Covid-19

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Pour tenter de freiner la contagion au Brésil, l’État de São Paulo, le plus grand et le plus riche Brésil, a instauré un couvre-feu et une série de restrictions supplémentaires qui entrent en vigueur ce lundi 15 mars, pour 15 jours. Commerces, bars, restaurants, écoles et lieux de culte sont fermés, et le championnat de foot suspendu : autant de mesures qui divisent les habitants.

L’État de São Paulo, avec ses 46 millions d’habitants, vit à l’heure des restrictions : commerces, bars, restaurants, écoles et lieux de culte fermés, championnat de football suspendu. Autant de mesures pour faire face au « moment le plus critique » de la pandémie, a annoncé jeudi 11 mars le gouvernement local.

Un couvre-feu de 20h à 5h restera également en vigueur jusqu’au 30 mars, dans cet État qui est le poumon économique du pays.

La semaine dernière, le gouverneur João Doria avait déjà fait passer à nouveau son État en « phase rouge », ne tolérant que les « activités essentielles », liées à la santé, l'alimentation ou les transports publics.

Le meilleur système hospitalier du Brésil… à 100 % d’occupation

Désormais, la structure hospitalière de São Paulo, la meilleure du pays, commence à crouler sous la demande, et le nombre de victimes ne cesse d’augmenter, rapporte notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard.

« La pandémie se répand de façon beaucoup plus rapide et la capacité de nos hôpitaux commence à être compromise. Certains sont déjà saturés, avec 100 % d'occupation des lits » en soins intensifs, a révélé en conférence de presse Jean Gorinchteyn, secrétaire à la Santé de l'État de São Paulo. L'occupation moyenne de ces unités dans les hôpitaux est de 87,6 %, a-t-il précisé.

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Iara est en faveur de ces restrictions : « Je trouve que cela aurait dû être fait il y a longtemps. Le grand problème ici au Brésil, c’est que toutes les mesures de restriction et de fermeture des commerces ne sont pas prises au sérieux, et il n’y a pas de contrôle. Pour moi, il ne fait aucun doute que le discours du gouvernement est le responsable de l’aggravation de la situation sanitaire », explique cette professeure d’anglais de 50 ans.

Mais une partie de la population rejette toutefois ces restrictions imposées par cet État. « Je trouve que ce n’est pas bien », résume un Brésilien rencontré devant le Bar des Sports. « Non, Ils ne devraient pas fermer les commerces », poursuit sa femme. « Regarde, là je prends ma bière, reprend le premier. J’ai travaillé sans arrêt depuis le début de la pandémie. Alors pour travailler, c’est possible, mais pour prendre une bière avec ma femme, tout en restant loin des autres, ce n’est pas possible ? »

Des pro-Bolsonaro défilent contre les restrictions et demandent un putsch militaire

Cette région est la plus endeuillée du Brésil, avec 62 570 décès dus au Covid-19, même si le nombre de morts pour 100 000 habitants est moins élevé que dans l'État de Rio de Janeiro voisin : 136 pour 100 000, contre 196 pour Rio.

Le gouverneur Doria préconise des mesures de restriction depuis le début de la pandémie, ce qui lui a valu de nombreuses passes d'armes avec le président Jair Bolsonaro, opposé à toute fermeture des activités économiques au nom de la préservation de l'emploi.

Des manifestants pro-Bolsonaro se sont d’ailleurs rassemblés dimanche 14 mars pour protester contre les restrictions et demander l’instauration d’un régime militaire.

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