Brésil : des pro-Bolsonaro forcent un barrage policier à l'aube d'une journée de manifestations

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Le président brésilien Jair Bolsonaro a appelé ses soutiens à descendre dans la rue ce mardi 7 septembre pour faire pression sur la Cour suprême, qui a ouvert plusieurs enquêtes contre lui et son entourage. Ces mobilisations, qui se déroulent dans un contexte de crise institutionnelle, inquiètent au Brésil et font craindre des débordements. Déjà, dans la nuit de lundi à mardi, des partisans du président arrivés à Brasilia ont forcé un cordon policier.

Les commémorations de l’indépendance du Brésil ce mardi 7 septembre s’annoncent tendues : à São Paulo, le centre économique, le président Jair Bolsonaro espère réunir deux millions de personnes. À Brasilia, la capitale, une cérémonie est prévue à 9 heures au palais de l'Alvorada, la résidence du chef de l'État. Ce dernier devrait ensuite rejoindre les manifestants sur l’esplanade des Ministères. Des opposants descendront également dans les rues.

Au bout de l’esplanade des Ministères, la place des Trois Pouvoirs, où se trouvent le Parlement et la Cour suprême (Supremo Tribunal Federal, STF), sera bouclée pour empêcher d'éventuels actes de vandalisme. Car les partisans du président ont diffusé des appels à la mobilisation pour manifester contre le Congrès et la Cour suprême. Et Jair Bolsonaro a affirmé que cette journée représentait un "ultimatum" lancé à deux juges de la Cour suprême avec lesquels il a entamé un bras de fer.

Au Brésil, ce climat fait craindre à certains analystes un possible scénario inspiré de l’invasion du Capitole à Washington en janvier 2020. La mobilisation, estimée importante, de policiers armés est également au cœur des préoccupations. Un sondage publié dimanche par le quotidien O Globo indique que 30 % de policiers ont l'intention de descendre dans la rue pour soutenir le président, même si le règlement leur interdit de prendre part à des manifestations politiques.

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Un barrage policier forcé dans la nuit

Dans la nuit de lundi à mardi, à l’aube de cette journée de mobilisation, des incidents sont déjà survenus à Brasilia où des partisans du président ont forcé un barrage policier et se sont installés au niveau de l’esplanade des Ministères, comme en témoignent plusieurs images diffusées sur les réseaux sociaux. Une petite caravane de véhicules a ainsi réussi à pénétrer sur l'avenue qui mène au Congrès et à la Cour suprême, fermée à la circulation par mesure de sécurité.

L’une des vidéos montre notamment des manifestants encercler un policier sur l’esplanade, tandis que celui sort une arme et leur demande d’arrêter de filmer. Dans une autre, un manifestant se réjouit de l’arrivée d'autres manifestants et lance un avertissement : "La police n’a pas réussi à nous retenir [...], demain nous allons envahir le STF [la Cour suprême, NDLR] !" Des images attestent également de la présence, dans la foule, du député Eduardo Bolsonaro, fils du président.

Des enquêtes ouvertes contre le président par la Cour suprême

Jair Bolsonaro est notamment visé par une enquête de la Cour suprême, ouverte par le juge Alexandre de Moraes, pour dissémination de fausses informations.

Un deuxième juge, Luis Roberto Barroso, également président du Tribunal supérieur électoral (TSE), s’oppose au président Bolsonaro au sujet du système de vote par l'intermédiaire d'urnes électroniques. Jair Bolsonaro et ses partisans réclament l’impression d’un reçu après chaque vote par urne électronique, pour que les voix puissent être recomptées physiquement.

À plusieurs reprises, le chef de l’État a évoqué des "fraudes" électorales – sans en donner la preuve – et estimé qu’il aurait dû être élu dès le premier tour en 2018.

En juillet dernier, il a affirmé qu’il n’y "aura pas d’élections" au Brésil si celles-ci ne sont pas "propres". Ce n’est pas la première fois que Jair Bolsonaro menace la tenue des élections de 2022 – qui concernent le président, les gouverneurs, les députés et une partie des sénateurs. Après l’invasion du Capitole à Washington en janvier 2020, il avait averti d’un "problème encore pire qu’aux États-Unis" si le pays continuait à utiliser le système de vote électronique.

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