Brésil, "policiers factieux"... Jean-Luc Mélenchon et la macronie s'écharpent sur Twitter

Une affiche de Jean-Luc Mélenchon collée sur celle d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle le 19 avril 2022 - JOEL SAGET / AFP
Une affiche de Jean-Luc Mélenchon collée sur celle d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle le 19 avril 2022 - JOEL SAGET / AFP

Une passe d'armes très loin de la réforme des retraites, dévoilée ce mardi mais qui montre que la macronie et La France insoumise sont bien décidées à croiser le fer. Tout a commencé ce lundi matin par une interview de Stéphane Séjourné, le patron de Renaissance.

Le député européen s'exprime quelques heures après l'assaut de plusieurs bâtiments officiels à Brasilia par des manifestations pro-Bolsonaro pour empêcher son successeur Lula d'accéder au pouvoir.

"Il y a des tentations de remettre en cause la légitimité politique, on l'a vu en 2017, en 2022. Systématiquement, on a des grands débats sur 'est-ce que vous avez gagné les élections?'", dénonce sur Public Sénat Stéphane Séjourné, qui préside le groupe Renew Europe à Bruxelles.

"L'extrême droite envahit le palais présidentiel, Séjourné regarde LFI"

Le député européen fait notamment référence aux propos de Jean-Luc Mélenchon qui avait qualifié au soir du second tour de la présidentielle de 2022 Emmanuel Macron de "plus mal élu des présidents de la 5ème République". Le locataire de l'Élysée avait été réélu avec une abstention forte (28,01%) et de nombreux électeurs qui ont choisi de voter blanc ou nul (6,19%).

C'est Manuel Bompard, le nouveau coordinateur de LFI, qui lui répond en premier.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

"Quand l'extrême droite brésilienne envahit le palais présidentiel, Stéphane Sejourné regarde la France Insoumise. Honteux", réagit sur Twitter ce très proche du fondateur des insoumis.

Mélenchon évoque "les policiers factieux qui s'en sont pris au siège de LFI"

L'ex-candidat LFI à la course à l'Élysée n'a guère goûté le parallèle entre les partisans de Joan Bolsonaro et lui-même, dénonçant sur son compte Twitter une "honteuse comparaison", quelques heures après le soutien de son lieutenant.

"Quand les policiers factieux s'en sont pris à notre siège en 2017, la macronie n'avait rien à dire", avance ensuite le septuagénaire sur le réseau social dans l'après-midi.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Les propos de l'ancien député LFI qui dirige désormais l'institut La Boétie visent directement la perquisition du siège de son mouvement il y a 6 ans.

"Vous n'êtes pas Benalla. Vous êtes des policiers républicains. La République, c'est moi", avait alors lancé Jean-Luc Mélenchon aux policiers postés devant l'entrée des locaux de son parti, accusant les forces de l'ordre de "coup politique".

"Mélenchon, un peu le Noël Le Graët de la Nupes"

Le tweet de Jean-Luc Mélenchon n'a pas plu à Stéphane Séjourné qui a dénoncé "encore un dérapage".

"Après 'la police tue', les 'policiers factieux'. Jean-Luc Mélenchon est un peu le Noël Le Graët de la NUPES. Seule différence: il ne s'excuse jamais. Indéfectible soutien à nos forces de l'ordre", lui répond encore le patron de Renaissance.

Dans sa réponse, l'élu européen mêle deux évènements: d'abord les excuses du patron de la fédération française de football Noël Le Graët. Après avoir indiqué dimanche sur RMC "n'en avoir rien à secouer" de l'avenir professionnel de Zinédine Zidane, le patron du foot français a finalement rétropédalé.

"Il continuera donc à insulter la police de la République, comme en 2022"

Le macroniste fait également référence aux propos de l'ancien patron de LFI pendant la campagne des législatives en juin dernier. "La police tue", avait jugé Jean-Luc Mélenchon, critiquant un "usage disproportionné" de la force par la police après la mort d'une jeune femme à Paris lors d'un refus d'obtempérer.

La réponse de Gérald Darmanin au tweet de Jean-Luc Mélenchon ne s'est pas fait attendre.

"Les 'policiers factieux' ? Rappelons qu’ils agissent sous l’autorité des magistrats. En 2023, M. Mélenchon continuera donc à insulter la police de la République comme en 2022", critique le ministre de l'Intérieur sur son compte Twitter.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

"Nous le disons, le répétons et ne nous excusons pas"

Bastien Lachaud, l'un de très proches de Jean-Luc Mélenchon, est resté droit dans ses bottes et a défendu le fondateur du mouvement.

"Factieux, oui: Quand des syndicats de police menacent un parti politique parce qu'ils n'acceptent pas la critique", répond le député LFI de Seine-Saint-Denis sur son compte Twitter. Avant d'asséner "nous le disons, le répétons, et ne nous excusons pas".

De tels échanges laissent augurer d'une atmosphère très tendue entre les deux partis dans les prochains jours. Alors qu'Élisabeth Borne dévoilera mardi en fin de journée les contours de la réforme des retraites, Mathilde Panot, la présidente du groupe insoumis à l'Assemblée nationale a déjà promis de la "faire battre en retraite".

Article original publié sur BFMTV.com