Brésil: ouverture d'une enquête pour "génocide" des indigènes Yanomami

Des indigènes Yanomami dans une hutte de la communauté d'Irotatheri, dans l'État d'Amazonas, au sud du Venezuela, à 19 km de la frontière avec le Brésil, le 7 septembre 2012.(illustration) - LEO RAMIREZ / AFP
Des indigènes Yanomami dans une hutte de la communauté d'Irotatheri, dans l'État d'Amazonas, au sud du Venezuela, à 19 km de la frontière avec le Brésil, le 7 septembre 2012.(illustration) - LEO RAMIREZ / AFP

La police brésilienne a ouvert une enquête pour "génocide" après la publication de données officielles faisant état de la mort en 2022 d'une centaine d'enfants de moins de cinq ans dans le territoire indigène yanomami, a annoncé ce mardi le ministre de la Justice.

"J'ai décidé hier d'ouvrir une nouvelle enquête de police sur un éventuel génocide" dans ce territoire, a déclaré le ministre Flavio Dino à CNN Brésil.

"Nous considérons qu'il y a des indications très fortes d'un refus d'assistance alimentaire et sanitaire à ces populations indigènes", a-t-il ajouté.

Des scènes "inhumaines"

L'enquête, qui vise des agents publics et des responsables du secteur de la santé dans le territoire indigène, portera également sur des allégations de crimes environnementaux et de détournement de ressources publiques.

Le ministère de la Santé a annoncé la semaine dernière la mort dans ce territoire isolé au milieu de la forêt vierge en 2022 de 99 enfants âgés de moins de cinq ans. Parmi les causes de décès, des pneumonies, des diarrhées et des gastro-entérites, probablement d'origine infectieuse, ainsi que des hémorragies ou une malnutrition sévère.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, investi le 1er janvier, s'était rendu samedi à Boa Vista, dans l'Etat du Roraima, dans le nord du pays, où se trouve en partie le territoire yanomami.

"Ce que j'ai vu m'a ébranlé", avait-il indiqué, évoquant des scènes "inhumaines" en rendant compte de sa visite.

Des terres censées être inviolables

Quelque 30.400 autochtones vivent dans les terres yanomami, à cheval sur les Etats Roraima et Amazonas, mais également sur une partie du Venezuela voisin.

Les populations de ces terres, censées être inviolables et où toute exploitation minière est interdite, rencontrent des difficultés pour se nourrir en raison de la destruction de la forêt tropicale où elles trouvent normalement leurs moyens de subsistance.

Selon les chefs yanomami, quelque 20.000 chercheurs d'or clandestins ont envahi leur territoire, tuant des indigènes, abusant sexuellement des femmes et des adolescentes et contaminant leurs rivières avec le mercure qui permet de séparer l'or des sédiments.

Les autorités ont trouvé "une structure de soins très précaire" sur les terres des Yanomami, a dit le ministre de la Justice.

Article original publié sur BFMTV.com