Brésil : des milliers d'indigènes en marche vers la Cour suprême pour leurs terres

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Quelque 6.000 membres de 170 tribus sont partis vers le siège de la plus haute juridiction brésilienne, espérant faire pression sur ses 11 juges. Il s'agit de la plus importante manifestation d'indigènes jamais organisée au Brésil.

Des milliers d'indigènes en tenue traditionnelle ont manifesté le 25 août 2021 à Brasilia où la Cour suprême devait rendre un jugement crucial sur leurs terres ancestrales. Quelque 6.000 membres de 170 tribus, beaucoup portant des coiffes en plumes et brandissant des arcs et des flèches, sont partis vers le siège de la plus haute juridiction brésilienne, espérant faire pression sur ses 11 juges. Il s'agit de la plus importante manifestation d'indigènes jamais organisée au Brésil, selon l'Association des peuples indigènes du Brésil (Apib) qui coordonne la mobilisation.

Depuis dimanche, des milliers d'autochtones au corps souvent peint ont dressé des tentes, chantant et dansant près des édifices modernistes du palais présidentiel, de la Cour suprême et du Parlement. Ces rassemblements chatoyants se tiennent pour l'instant dans le calme, les organisateurs ayant appelé les manifestants à ne pas s'affronter à la police antiémeute qui se trouve sur les lieux. En juin, des manifestations pour leurs terres d'indigènes avaient dégénéré. Trois manifestants avaient été blessés, de même que trois policiers, par des flèches.

De nombreuses tribus déplacées de force

La Cour a renvoyé au 26 août 2021 au plus tôt son jugement concernant ces terres ancestrales, la discussion sur une autre affaire s'étant prolongée la veille, a-t-on appris auprès du tribunal. Les juges doivent confirmer ou rejeter la "thèse temporelle" qui ne reconnaît comme ancestrales que les terres qui étaient occupées par les indigènes quand a été promulguée la Constitution, en 1988. Or de nombreuses tribus ont été déplacées lors des soubresauts de l'histoire brésilienne, notamment sous le régime militaire (1964-85). De retour sur leurs terres, celles-ci réclament la protection du statut accordé aux réserves, auquel est opposé le puissant lobby brésilien de l'agronégoce. "Pendant la dictature militaire, l'Etat a vendu nos terres à des fermiers. Ils nous ont expulsés, c'est la raison pour laquelle nous n'étions pas[...]

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