Brésil: Lula va poursuivre son combat légal contre son inéligibilité

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (photo) va continuer sa bataille juridique pour obtenir le droit de se présenter à l'élection présidentielle du mois prochain, a annoncé lundi un de ses avocats. /Photo prise le 7 avril 2018/REUTERS/Leonardo Benassatto

CURITIBA, Brésil (Reuters) - L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui purge depuis avril une condamnation à 12 ans de prison pour corruption, va continuer sa bataille juridique pour obtenir le droit de se présenter à l'élection présidentielle du mois prochain, ont annoncé lundi ses conseils.

Cette annonce intervient alors que son parti, le Parti des travailleurs (PT), a jusqu'à mardi soir pour présenter un candidat en remplacement de Lula en vue du scrutin du 7 octobre.

Fin août, le Tribunal supérieur électoral a déclaré inéligible Lula, en vertu de la loi "Ficha Limpa" (casier vierge) qui exclut du scrutin présidentiel les candidats ayant été condamnés en appel pour corruption.

Un juge de la Cour suprême a rejeté la semaine dernière l'appel de cette décision qu'avait effectué Lula en s'appuyant sur une recommandation de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, qui avait demandé qu'il soit autorisé à être candidat.

Les conseils de Lula et Fernando Haddad, colistier de l'ancien chef d'Etat, ont rendu visite en prison à Lula lundi.

Des sources au sein du PT avaient indiqué que Lula allait profiter de cette entrevue pour transmettre le flambeau à Haddad et remettre à Haddad une lettre dans laquelle il appelait ses partisans à voter pour lui.

Mais Lula et ses avocats entendent saisir à présent la Cour suprême dans son ensemble et ont demandé que soit étendu le délai du PT pour désigner son candidat pour le scrutin.

Fernando Haddad, ancien maire de Sao Paulo, avait été choisi par le PT comme alternative si la candidature de Lula, déposée en août, venait à être invalidée.

Malgré son incarcération, Lula reste l'homme politique le plus populaire du pays et faisait figure de grand favori de l'élection présidentielle jusqu'à ce que le Tribunal supérieur électoral le déclare inéligible.


(Lisandra Paraguassu; Henri-Pierre André et Jean Terzian pour le service français)