Brésil : pour Lula, la nécessité d'unifier un pays fracturé

© Mauro Pimentel/AFP

Le 8 janvier, quelques jours après l’investiture de Lula, vainqueur en novembre du président sortant Jair Bolsonaro , des milliers de partisans de ce dernier ont pris d’assaut le Congrès, la Cour suprême et le palais présidentiel du Brésil, dénonçant « une élection truquée ». Ces scènes, qui se sont déroulées presque exactement deux ans après l’attaque du Capitole américain le 6 janvier 2021 par des sympathisants de Donald Trump, rappellent à quel point il sera difficile à Lula de réunifier une société fortement divisée, comme il s’y était engagé durant la campagne électorale.

Dans son discours d’investiture du 1er janvier, Lula s’est exprimé aux côtés d’un leader indigène, d’un garçon handicapé et d’un ouvrier métallurgiste, plaçant explicitement et implicitement l’inclusion et l’unité sociale au cœur de son mandat à venir. Une approche radicalement différente de celle de son prédécesseur.

Deux approches de la diversité aux antipodes l’une de l’autre

Durant le mandat de Bolsonaro (janvier 2019-janvier 2023), le nombre de saisies de terres appartenant à des communautés indigènes a pratiquement triplé. Le Brésil a également affiché l’un des pires bilans mondiaux en termes d’homicides à l’encontre des personnes LGBT. Sur le plan idéologique, l’approche de l’ancien président à l’égard des minorités telles que les Brésiliens noirs, la population indigène, les habitants pauvres des favelas et les personnes LGBT peut être résumée par le terme de colorblind (aveuglement assumé vis-...


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