Brésil : Lula attaque Bolsonaro sur le Covid-19, mais ne parle pas de candidature présidentielle

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Lors de son premier discours depuis qu'il a recouvré ses droits politiques, l'ancien président brésilien Lula a tiré à boulets rouges mercredi sur l'actuel président, Jair Bolsonaro, et sa gestion de la pandémie de Covid-19, sans dire s'il serait candidat face à lui à la présidentielle de 2022.

L'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva a enjoint mercredi 10 mars aux Brésiliens de ne pas suivre les "décisions imbéciles" du gouvernement de Jair Bolsonaro dans la gestion de la pandémie de Covid-19, lors de son premier discours depuis qu'il a été rétabli dans ses droits politiques. Malgré l'annulation de ses condamnations, il laisse planer le doute sur une éventuelle candidature à la présidentielle.

"Je voudrais que le peuple brésilien ne suive aucune des décisions imbéciles prises par le président de la République et son ministère de la Santé", a lancé Luiz Inacio Lula da Silva lors d'une conférence de presse, alors que le coronavirus a fait plus de 268 000 morts au Brésil.

"Il aurait fallu créer un comité de crise, impliquer des scientifiques, mais à la place, on a eu un président qui parlait de petite grippe et de chloroquine", a déclaré Lula, en allusion à l'hydroxychloroquine, médicament controversé dont Jair Bolsonaro n'a cessé de vanter les mérites, même si de nombreuses études ont montré qu'il était inefficace contre le Covid-19.

Toujours aussi combatif, la voix rauque, parfois étranglée par l'émotion, l'icône de la gauche s'est dit par ailleurs "victime du pire mensonge judiciaire en cinq cents ans [au Brésil]". "Pour la première fois, la vérité a prévalu", a-t-il insisté.

"Pas la tête à la candidature"

Lundi 8 mars, un juge de la Cour suprême brésilienne a annulé l'ensemble des condamnations pour corruption contre Lula pour vice de forme, le rendant à nouveau éligible pour affronter Jair Bolsonaro à la présidentielle de 2022.

Mais il assuré que, pour le moment, il n'avait "pas la tête à la candidature de 2022". "Je crois que ce serait penser petit de parler de 2022 aujourd'hui. C'est le moment de parler des vaccins contre le Covid-19, du chômage", a-t-il ajouté.

Lula a toutefois annoncé son intention de "parcourir à nouveau le pays pour parler aux Brésiliens", comme il l'avait fait lors de grandes "caravanes" dans les années 1980, et plus récemment en 2018, avant de passer près d'un an et demi en prison pour corruption.

"Je me sens encore assez jeune pour lutter et je veux que vous sachiez que je n'abandonnerai jamais", a poursuivi l'icône de la gauche brésilienne de 75 ans.

"Folie qui a gagné le pays"

Même si l'ex-président (2003-2010) n'a pas annoncé officiellement qu'il allait briguer un troisième mandat, il a fait "un discours de candidat", en "tapant fort sur Bolsonaro", explique à l'AFP l'analyste politique Creomar de Souza, du cabinet de consultants Dharma.

"La Terre est ronde et Bolsonaro croit qu'elle est plate", a persiflé Lula.

"Sans toute cette folie qui a gagné le pays, beaucoup de morts auraient pu être évitées", a-t-il ajouté, fustigeant notamment le fait que le Brésil manque de doses de vaccins contre le Covid-19, parce que gouvernement n'a pas selon lui noué les accords nécessaires avec les laboratoires pharmaceutiques.

Au moment de son incarcération, Lula était donné favori de la présidentielle de 2018, finalement remportée par Jair Bolsonaro, député d'extrême droite.

Un sondage rendu public mercredi par l'institut Real Time Big Data pour CNN Brasil a donné Jair Bolsonaro en tête des intentions de vote pour le premier tour de 2022, avec 43 %, talonné par Lula (à 39 %).

Dans une autre enquête d'opinion, datant de dimanche 7 mars, Lula était présenté comme le seul capable de battre le président sortant, 50 % des personnes interrogées se disant prêtes à voter pour lui, contre 38 % pour Bolsonaro.

Avec AFP