Brésil : un journaliste anglais et un célèbre anthropologue portés disparus en Amazonie

L'inquiétude en Amazonie après la disparition d'un journaliste britannique et d'un anthropologue brésilien. Depuis dimanche matin, la trace des deux hommes a été perdue. Dom Philips, 57 ans collabore avec plusieurs journaux dont The Guardian et The New York Times. A ces côtés, Bruno Araujo Pereira est un des plus grands spécialistes des peuples indigènes au Brésil.

Ils effectuaient des recherches pour un livre dans la vallée de Javari, une région reculée non loin du Pérou. Cette région où vivent des tribus totalement isolés connaît une escalade de la violence armée en raison de la présence de mineurs, d'orpailleurs ou de chasseurs clandestins.

"Accident ou exécution ?"

"Il place cette région dans la lumière et je veux que les yeux du monde entier regarde", a réagi Sian Phillips, la sœur du journaliste disparu, "et je veux que lui et Bruno soient retrouvés".

"On craint qu'ils n'aient été enlevés par des personnes qui voulaient faire taire les révélations qu'ils faisaient sur les activités illégales dans la région ", précise son époux Paul Sherwood.

L'anthropologue Bruno Araujo Pereira a longtemps travaillé à la Funai, un organisme gouvernemental chargé des peuples autochtones. Il a régulièrement fait l'objet de menaces de la part d'exploitants forestiers et miniers clandestins convoitant des terres indigènes.

Le président brésilien Bolsonaro a évoqué un possible accident ou une exécution, tout en qualifiant l'expédition "d'aventure peu recommandable". Il a assuré tout mettre en œuvre pour retrouver les deux hommes.

Violences armées dans une région très isolée

Selon l'Univaja et l'OPI, les deux hommes ont quitté Atalaia do Norte, dans l'Etat d'Amazonas, pour interviewer des habitants autour d'une base de la Funai – l'organisme gouvernemental chargé des peuples autochtones – et ont rejoint le lac Jaburu vendredi soir. Ils ont ensuite pris le chemin du retour dimanche matin, mais ne sont pas revenus comme prévu à Atalaia do Norte.

Ils ont fait un arrêt dans la communauté de Sao Rafael, où Bruno Pereira avait prévu un rendez-vous avec le chef local afin d'évoquer la question des patrouilles indigènes pour combattre les "invasions" de terres, de plus en plus fréquentes sous le gouvernement de Jair Bolsonaro.

Le chef local n'arrivant pas, ils ont décidé de rentrer à Atalaia do Norte, à deux heures de bateau. Ils ont été vus pour la dernière fois juste en aval de Sao Rafael.

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