Brésil : Jair Bolsonaro toujours silencieux plus de 24 heures après sa défaite face à Lula

Les Brésiliens ont élu dimanche soir Lula comme prochain président du Brésil, une victoire arrachée au terme d’une bataille serrée. Mais Jair Bolsonaro, le président sortant d’extrême droite, reste dans le silence alors qu’il lui reste deux mois au pouvoir.

Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro restait muré dans son silence plus de 24 heures après sa défaite face à Luiz Inacio Lula da Silva, qui a reçu de nombreux appels de dirigeants étrangers le félicitant pour son élection.

Alors que le camp de M. Lula craignait que le chef de l'Etat sortant refuse de reconnaître sa défaite, avec des conséquences potentiellement délétères pour la première économie d'Amérique latine, des partisans de M. Bolsonaro bloquaient des axes routiers partout à travers le pays.

Après avoir perdu dimanche d'extrême justesse face à M. Lula (50,9%-49,1%), le chef de l'Etat en exercice, jusqu'à la passation de pouvoir le 1er janvier, s'était isolé dans sa résidence officielle d'Alvorada à Brasilia.

Il s'est rendu lundi matin au Palais du Planalto, le siège de la présidence, puis est revenu dans l'après-midi dans sa résidence, sans faire la moindre déclaration, a constaté un photographe de l'AFP.

Ce lourd silence, dont Lula avait dit être "inquiet" dès dimanche soir, rappelait à beaucoup de Brésiliens que Jair Bolsonaro avait maintes fois menacé de ne pas reconnaître le verdict des urnes s'il perdait.

Les camionneurs bolsonaristes mobilisés

La période de transition a démarré de manière tendue lorsque des camionneurs et des manifestants pro-Bolsonaro ont bloqué des autoroutes dans au moins 11 Etats du pays lundi, brûlant des pneus et stationnant des véhicules au milieu de la route pour interrompre le trafic.

Vêtus du jaune et du vert du drapeau brésilien, les manifestants brandissaient des pancartes pro-Bolsonaro et chantaient l'hymne national, avant d'être progressivement dispersés par les autorités dans certaines régions.

Lundi soir, le juge de la Cour suprême Alexander de Moraes a ordonné à la police de disperser immédiatement les barrages. Il agissait en réponse à la demande d'une fédération de transport qui se plaignait que cela nuisait à leurs affaires.

Le chef de la police routière fédérale, Cristiano Vasconcellos, a déclaré à la radio CBN que des barrages avaient été dressés "dans tout le Brésil". Il a ajouté que les forces de l'ordre en avaient dégagé certains, mais a prévenu que la tâche était difficile: "nous en libérons un, et un autre se forme", a-t-il dit.

La victoire de Lula saluée dans le monde

La victoire de Lula da Silva a été saluée dans le monde entier par une avalanche de messages de dirigeants étrangers, dont le président américain Joe Biden qui a déclaré que la victoire de Lula était le résultat d'élections libres et équitables.

Luiz Inácio Lula da Silva s’apprête à diriger ce pays de plus 214 millions d’habitants pour la troisième fois. Ses deux mandats précédents, entre 2003 et 2010, sont associés à une période de croissance, et une amélioration considérable des conditions de vie de nombreux Brésiliens.