Brésil: Jaïr Bolsonaro nomme un général à la tête de Petrobras

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Le président brésilien Jair Bolsonaro a nommé ce vendredi un général de réserve et ancien ministre de la Défense pour diriger le groupe pétrolier public Petrobras.

Le général Silva e Luna, qui fut ministre de la Défense de 2018 à 2019 sous la présidence de Michel Temer, prend les rênes de l'entreprise publique Petrobras. « Le gouvernement a décidé de nommer Joaquim Silva e Luna pour accomplir une nouvelle mission en tant que conseiller d'administration et président de Petrobras », en remplacement de Roberto Castello Branco, selon un communiqué du ministère des Mines et de l'Energie publié sur la page Facebook de M. Bolsonaro. Sa nomination doit encore être confirmée par le conseil d'administration de Petrobras. Le général Silva e Luna est actuellement directeur général de l'énorme barrage d'Itaipu, sur le fleuve Parana à la frontière entre le Brésil et le Paraguay.

L'arrivée de ce militaire souligne une nouvelle fois à quel point le président brésilien, lui-même ex-parachutiste s'appuie sur l'armée pour gouverner. Plusieurs généraux de réserve sont à des postes clé, y compris celui de ministre de la Santé, occupé par un général, Eduardo Pazuello, qui n'a aucune expérience en matière de santé publique.

Le prix de l'énergie: un coût sensible pour une population appauvrie

Vendredi, l'action ordinaire Petrobras a chuté de 7,92% et l'action préférentielle de 6,63% à la clôture de la Bourse de Sao Paulo, après des déclarations de M. Bolsonaro annonçant des « changements » dans la compagnie. « J'annonce que nous aurons des changements à Petrobras. Jamais nous n'allons interférer avec cette grande entreprise, ni avec sa politique de prix, mais le peuple ne peut pas être pris par surprise par certaines augmentations » des prix, a déclaré vendredi matin Jaïr Bolsonaro. Depuis le début de l'année, Petrobras a augmenté quatre fois le prix des combustibles, la dernière jeudi, pour une hausse cumulée de près de 35% en moins de deux mois. Des hausses critiquées par le président.

Durant le mandat de Dilma Roussef et jusqu'en 2016, le gouvernement avait gelé à plusieurs reprises le prix des combustibles, malgré les aléas des croursdu baril de pétrole. Actuellement, les tarifs sont fixés par la compagnie et varient selon les cours avec des hausses durement ressenties par une population déjà très affectée par les effets économiques et sociaux de la pandémie de Covid-19. Or la popularité de Jaïr Bolsonaro est en baisse et plusieurs manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour demander le départ du président.

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