Brésil: les enfants du territoire indigène Yanomami victimes de malnutrition et du paludisme

Une centaine d'enfants de moins de cinq ans sont morts en 2022 dans le territoire indigène Yanomami, dans le nord du Brésil, victimes de malnutrition, de pneumonie, du paludisme ou autres infections, a-t-on appris samedi auprès du ministère de la Santé brésilien.

Au total, 99 enfants de moins de cinq ans, dont 67 de moins d'un an, sont morts l'année dernière dans ce territoire isolé au milieu de la forêt vierge et grand comme le Portugal, selon un décompte du ministère.

Parmi les causes de décès, des pneumonies, des diarrhées et des gastro-entérites, probablement d'origine infectieuse, ainsi que des hémorragies ou une malnutrition sévère.

Quelque 11.530 cas confirmés de paludisme ont été enregistrés dans le territoire en 2022, la plupart cependant dans la tranche d'âge des plus de 50 ans, selon la même source.

Parmi les enfants de moins de cinq ans victimes de paludisme, 1.678 avaient entre un et quatre ans et 312 moins d'un an, selon le ministère, qui se dit dans un communiqué "conscient de l'urgence" dans le territoire et fait état de la présence d'une "mission d'évaluation" sur place.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, investi il y a tout juste trois semaines, s'est d'ailleurs rendu samedi à Boa Vista, dans l'Etat du Roraima, dans le nord du pays, où se trouve en partie le territoire yanomami.

"Ce que j'ai vu m'a ébranlé. Je suis venu ici pour dire que nous allons traiter nos indigènes comme des êtres humains", a-t-il indiqué sur son compte Twitter, rendant compte de sa visite, en compagnie de la ministre des Peuples indigènes, Sonia Guajajara.

Quelque 30.400 autochtones vivent dans les terres yanomami, à cheval sur les Etats Roraima et Amazonas, mais également sur une partie du Venezuela voisin.

Les populations de ces terres, censées être inviolables et où toute exploitation minière est interdite, rencontrent des difficultés pour se nourrir en raison de la destruction de la forêt tropicale où elles trouvent normalement leurs moyens de subsistance.

Selon les chefs yanomami, quelque 20.000 chercheurs d'or clandestins ont envahi leur territoire, tuant des indigènes, abusant sexuellement des femmes et des adolescentes et contaminant leurs rivières avec le mercure qui permet de séparer l'or des sédiments.

Le gouvernement Lula a lancé cette semaine les premières opérations sur le terrain de lutte contre la déforestation, après quatre années de destruction massive sous le gouvernement de Jair Bolsonaro, dont l'attitude à toujours été hostile envers les peuples autochtones.

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