Le Brésil change de ministre de la Santé et de cap dans la gestion de la crise sanitaire

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Le Brésil, deuxième pays le plus touché par la pandémie de Covid-19 avec 280 000 morts, a annoncé, lundi 15 mars, un changement à la tête du ministère de la Santé, le troisième depuis le début du mandat de Jair Bolsonaro, et la commande de vaccins. Un véritable tournant dans ce pays dirigé par un président qui n’a eu de cesse de minimiser la crise sanitaire.

Finies les erreurs de casting. C’est le signal lancé par Jair Bolsonaro, lundi 15 mars, après l’annonce du remplacement à la tête du ministère brésilien de la Santé d’Eduardo Pazuello par Marcelo Queiroga, le président de la Société brésilienne de cardiologie.

Eduardo Pazuello, un général de l’armée qui occupait le poste depuis mai 2020, était très critiqué pour son inexpérience dans le domaine médical. Avec la nomination de Marcelo Queiroga, Jair Bolsonaro met enfin un professionnel de la santé à la tête de ce ministère. Il faut dire que l’urgence est de mise avec des chiffres qui restent très inquiétants : plus de 2 000 décès quotidiens ont ainsi été enregistrés à plusieurs reprises la semaine dernière.

Le cabinet de la haine

Ludhmilla Hajjar est une cardiologue réputée au Brésil, car elle soigne beaucoup d’hommes et de femmes politiques à Brasilia. C’est vers elle que le président Bolsonaro s’est tourné dimanche dernier pour trouver un successeur au général Pazuello.

Mais sur internet, les alliés du président ont découvert une photo de la cardiologue aux côtés de l’ancienne présidente Dilma Rousseff. Cela a suffit pour que le camp Bolsonaro se mette en marche, raconte Martin Bernard, le correspondant de RFI à Sao Paulo. Ludhmilla Hajjar, qui a décliné le poste de ministre de la Santé, affirme que ses réseaux sociaux ont été envahis et falsifiés par des hackers, qu’elle a commencé à recevoir des menaces, ainsi que sa famille, que son numéro de téléphone a été publié sur internet, et que des intrus auraient tenté de faire irruption dans sa chambre d’hôtel à Brasilia, ce que dément toutefois l’établissement.

Ludhmilla Hajjar n’est pas la première à faire les frais dudit « cabinet de la haine », qui fonctionnerait au sein même du palais présidentiel, avec la participation de Carlos Bolsonaro, l’un des fils du président. Le général Santos Cruz avait déjà quitté le gouvernement à la suite de pareilles attaques.

Commandes massives de vaccins

Ce changement de cap intervient quelques heures après l’annonce de l’achat de 100 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer et de 38 millions de doses du sérum Janssen développé par Johnson & Johnson, ce qui porte le total à plus de 560 millions de doses commandées par le Brésil.

Jair Bolsonaro, qui fait face au retour de l’ancien président Lula, tente de changer son image et de démontrer désormais qu’il est en mesure de faire face à cette crise sanitaire et qu'il a compris que la vaccination était indispensable à une reprise de l'activité économique.