BpiFrance dans le rouge en 2020 pour la première fois de son histoire

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BPIFRANCE DANS LE ROUGE EN 2020 POUR LA PREMIÈRE FOIS DE SON HISTOIRE

PARIS (Reuters) - La banque publique d'investissement bpiFrance, qui a joué un rôle de premier plan dans le soutien aux entreprises françaises pénalisées par la crise du COVID-19, a accusé une perte nette en 2020 pour la première fois depuis sa création.

BpiFrance a injecté plus de 45 milliards d'euros dans l'économie l'an dernier via une série d'outils allant des subventions aux garanties tout en pilotant la mise en oeuvre des prêts garantis par l'Etat qui a permis de distribuer à date près de 135 milliards d'euros de crédits.

Ce "pont aérien de cash", conjugué à d'autres dispositifs d'aides tels que le chômage partiel ou le report des charges sociales et fiscales, a permis de limiter le nombre de défaillances d'entreprises en France l'an dernier.

La crise liée au COVID-19 a cependant pesé sur les comptes de bpiFrance qui a enregistré une perte nette pro-forma de 121 millions d'euros en 2020 à comparer à un bénéfice d'un milliard d'euros l'année précédente, la première perte dans l'histoire de l'établissement constitué en 2012 à l'issue du regroupement de plusieurs établissements financiers.

Ce résultat négatif s'explique pour partie par le relèvement du montant des provisions avec un coût du risque porté à 462 millions d'euros (contre 83 millions en 2019), BPI souhaitant se donner des marges dans la perspective de la levée prochaine d'une partie des aides.

"On s'est mis au taquet des provisions", a expliqué le directeur général Nicolas Dufourcq lors d'une vidéoconférence, tout en soulignant que le coût du risque réel était resté très limité pour la BPI comme pour l'ensemble des banques françaises en 2020.

BpiFrance a par ailleurs été pénalisé par la moindre contribution des entreprises cotées françaises dont il est actionnaire, principalement PSA (devenu Stellantis), STMicrolectronics et Eutelsat.

BpiFrance, qui a vu ses charges d'exploitation augmenter de 11,5% face à la forte mobilisation de ses équipes, a légèrement revu à la hausse son estimation du taux de défaut sur les PGE, qu'il anticipe désormais entre 5,5% et 7,5% contre une fourchette comprise entre 4,5% et 6,5% précédemment.

(Gwénaëlle Barzic, édité par Blandine Hénault)