BPCE va lancer une offre de rachat des minoritaires de Natixis

par Pamela Barbaglia, Gwénaëlle Barzic et Matthieu Protard
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BPCE VA LANCER UNE OFFRE DE RACHAT DES MINORITAIRES DE NATIXIS

par Pamela Barbaglia, Gwénaëlle Barzic et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le groupe bancaire français BPCE a officialisé mardi son intention de lancer une offre d'achat sur les 29,3% du capital de Natixis qu'il ne détient pas déjà dans le but de sortir la banque de la cote et de réorganiser ses activités.

Le conseil d'administration de Natixis, quatrième banque cotée de l'Hexagone, a accueilli "favorablement" l'offre de BPCE qui propose 4 euros par action, soit un total de 3,7 milliards d'euros pour la participation.

Cette offre publique d’achat simplifiée sera suivie, en cas de succès, d'un retrait obligatoire de la cote.

BPCE chapeaute principalement les réseaux Banque populaire et Caisse d'épargne, ce qui en fait le numéro deux de la banque de détail en France derrière le Crédit agricole.

En sortant Natixis de la cote, le groupe mutualiste espère simplifier son organisation en regroupant d'une part les activités de paiement et d'assurance et en constituant un nouvel ensemble baptisé "Global Financial services" autour de la gestion d'actifs et de fortune et de la banque d'affaires.

Le groupe présentera un nouveau plan stratégique en juin.

"Le fait d'être coté n'apporte rien aux métiers de Natixis", a expliqué Laurent Mignon, le président du directoire de BPCE, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

"Ce n'est pas une opération de synergies ou de réductions de coûts mais c'est une opération de simplification", a-t-il ajouté, soulignant que BPCE deviendrait le premier groupe bancaire non coté en Europe à l'issue de la transaction.

La cotation de Natixis avait été suspendue avant l'ouverture mardi à la demande de la société.

PAS D'OPPORTUNISME, ASSURE BPCE

Introduite en Bourse de Paris en décembre 2006 au prix de 19,55 euros, l'action Natixis avait fini lundi à 3,70 euros. Après une chute de 29,5% en 2020, le titre a repris 32,6% depuis le début de l'année.

Natixis a publié ce mardi des résultats trimestriels en baisse tout en mettant en avant sa bonne santé financière. La banque avait auparavant accusé trois trimestres consécutifs de pertes en raison notamment de l'impact de la crise sanitaire sur son activité de trading actions et de l'augmentation du coût du risque.

Début août, le groupe a annoncé le départ de son directeur général François Riahi en raison de "divergences stratégiques" et a nommé Nicolas Namias pour le remplacer.

Natixis a aussi souffert des difficultés de sa filiale de gestion d'actifs H2O, qu'elle prévoit désormais de céder à ses dirigeants, et elle a annoncé un repositionnement de son activité de dérivés actions pour réduire son exposition aux risques.

Se défendant de proposer "un prix de crise", Laurent Mignon a souligné que l'offre représentait une prime de 36% par rapport à la moyenne des objectifs de cours des analystes.

Le conseil de Natixis a nommé un expert indépendant pour se prononcer sur le caractère équitable de l'offre et un comité ad hoc constitué d'administrateurs indépendants a été mis sur pied.

J.P. Morgan, d’Angelin & Co. et Fenchurch Advisory Partners agissent en qualité de conseils financiers du Groupe BPCE, Darrois Villey Maillot Brochier AARPI comme conseil juridique.

(Avec Marc Angrand, édité par Jean-Stéphane Brosse)