Boycotts: Bachelot rappelle que Macron "n'a jamais tenu le moindre discours anti-islam"

Jérémy Maccaud
·3 min de lecture
Roselyne Bachelot, invitée de BFMTV le lundi 26 octobre 2020 - BFMTV
Roselyne Bachelot, invitée de BFMTV le lundi 26 octobre 2020 - BFMTV

Plusieurs pays musulmans ont exprimé leur colère, ce week-end, contre la France et Emmanuel Macron après ses propos sur les caricatures du prophète Mahomet lors de l'hommage au professeur décapité Samuel Paty. Si les manifestations en question, observées notamment au Koweït, en Israël ou dans la bande de Gaza, n'ont pas réuni énormément de monde, elles se sont accompagnées d'appels au boycott des produits français. Une fronde que dénonce Roselyne Bachelot, invitée ce lundi matin sur RMC et BFMTV, pour qui il est important de maintenir le cap sur la conception française de la laïcité.

"Je veux dire de façon très forte: la caricature, le blasphème font partie de la culture française" martèle pour débuter la ministre de la Culture, avant d'égréner plusieurs références pour appuyer ses dires, de "Beaudelaire" à "Balzac".

"Vraiment ce droit fait partie de notre culture, je le défends, du Charivari [premier journal satirique de l'histoire, de 1832 à 1937, NDLR] à Charlie Hebdo, là c'est quelque chose de constitutif de la culture française."

"Erdogan instrumentalise ce qu'il s'est passé dans notre pays"

Ce que déplore par ailleurs Roselyne Bachelot, c'est que cette grogne n'est à ses yeux pas justifiée. Elle explique: "Il y a un chef d'État, de la Turquie, monsieur Erdogan, qui instrumentalise à des fins de politique intérieure ce qui s'est passé dans notre pays", juge-t-elle, le président turc ayant invité son homologue français à subir un examen de santé mentale à deux reprises ce week-end, dans une nouvelle escalade verbale entre les deux chefs d'État.

"Moi je veux redire à la suite d'Emmanuel Macron", ajoute celle qui fut également ministre de la Santé sous la mandature de Nicolas Sarkozy, "que ces crimes sont inexpiables, que ce soit la décapitation de Samuel Paty, que ce soit l'Hyper Cacher, que ce soit à Charlie Hebdo. Cet islamisme radical doit être condamné de manière irréfragable."

"Le président Macron n'a jamais tenu le moindre discours anti-islam, anti-musulman, les musulmans font partie de la communauté de la République", insiste-t-elle. "Il n'y a donc aucun problème sur ce sujet, et les diplomates français sont en train d'expliquer à leurs homologues et aux gouvernements de tradition musulmane ce qu'il en est exactement."

"Il n'y a aucune lutte contre les musulmans français"

Après les récents attentats devant les anciens locaux de Charlie Hebdo fin septembre et celui à Conflans-Sainte-Honorine, pourquoi la France devrait-elle encore se justifier sur ce sujet, cinq ans après la vague d'attentats islamistes en 2015?

"On a besoin de leur redire devant l'instrumentalisation qui en est faite à des fins de politique intérieure, et peut-être même aussi étrangère, qui est faite par le président Erdogan", juge la ministre.

Face aux boycotts décrétés dans plusieurs pays, comme au Qatar, hors de question pour notre invitée de se lancer dans des mesures similaires. "Le boycott n'est pas dans la tradition française" balaie Roselyne Bachelot, qui prône comme "bonne stratégie" celle "de l'apaisement et de l'explication".

"Là, on a un corps diplomatique parfaitement apte à faire cette mission, et de rappeler qu'il n'y a aucune lutte contre les musulmans français", insiste-t-elle, avant de conclure: "Il y a simplement une lutte contre l'islamisme et le terrorisme."

Article original publié sur BFMTV.com