Boycott de la visite d'Emmanuel Macron: pourquoi Éric Ciotti refuse de rencontrer le chef de l'Etat

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Eric Ciotti et Valérie Pécresse à Saint-Martin Vésubie dans la vallée de la Roya le 6 décembre 2021 - CHRISTOPHE SIMON / AFP
Eric Ciotti et Valérie Pécresse à Saint-Martin Vésubie dans la vallée de la Roya le 6 décembre 2021 - CHRISTOPHE SIMON / AFP

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Un boycott pur et simple. Alors qu'Éric Ciotti n'a cessé de réclamer le retour d'Emmanuel Macron dans la vallée de la Roya, durement touchée après le passage de la tempête Alex en octobre 2020, le député LR n'assistera pas au déplacement du président dans son département des Alpes-Maritimes ce lundi. Un calcul très politique.

Pour cette visite, le chef de l'État veut se démultiplier en allant à la fois sur le terrain de la sécurité, en visitant le chantier du futur Hôtel de police de Nice, puis à la rencontre d'habitants toujours en difficulté après les intempéries de l'automne 2020. Très impliqué sur ces deux dossiers, le conseiller sécurité de Valérie Pécresse ne sera pas présent sur place.

"Emmanuel Macron va laisser une France Orange mécanique"

Dans Le Figaro, l'élu a dénoncé une visite qu'il juge "factice", estimant qu'Emmanuel Macron "vient déposer la première pierre d'un commissariat dont les travaux ne commenceront pas avant deux ans et dont la demande de permis de construire n'est pas encore déposée".

Sur BFMTV, ce lundi, Eric Ciotti est même allé encore plus loin.

"Le bilan du macronisme, c’est un Waterloo sécuritaire", a-t-il fustigé. "Il a laissé la société s’ensauvager et va laisser aux Français une France Orange mécanique. C’est une malheureuse réalité à laquelle sont confrontés beaucoup de Français", a encore expliqué le parlementaire.

Pas question donc de discuter sécurité avec le locataire de l'Élysée. Éric Ciotti ne souhaite pas non plus l'accompagner pour son déplacement dans la vallée de la Roya. Le président de la République s'était rendu sur place quelques heures après la tempête Alex alors que le territoire était coupé du monde et ravitaillé par un pont aérien.

Depuis, le parlementaire n'a eu de cesse de dénoncer "l'inaction du gouvernement", regrettant "le peu de soutien financier" de l'État dans la reconstruction de la vallée.

Une absence peu appréciée de l'exécutif

Valérie Pécresse, pour son premier déplacement de campagne, s'y était d'ailleurs rendue. Une façon de tendre la main à son ancien concurrent qu'elle venait sèchement de battre au second tour du Congrès des LR mais aussi une manière de se mettre en scène comme la "dame du faire", promettant aux habitants d'accélerer sur le dossier des indemnisations en cas de victoire en avril prochain.

L'absence de l'élu, très engagé sur les deux dossiers évoqués ce lundi par Emmanuel Macron, n'a pas manqué d'être pointé du doigt par la macronie.

"Il prouve qu'il n'est pas républicain", a ainsi jugé Nadia Hai, la ministre déléguée chargée de la Ville sur Radio J ce lundi, tandis que le député LaREM Roland Lescure estime dans les colonnes du Parisien que "Ciotti est en train de devenir pire que sa caricature".

Ne pas être vu en train de discuter avec Emmanuel Macron

En guise d'explication, le député avance tout d'abord une "supercherie". "Ce n'est pas le président qui vient à Nice mais le candidat. Emmanuel Macron est en train de dévoyer les institutions en faisant campagne avec les moyens de l'Etat de façon éhontée", a-t-il ainsi expliqué auprès du Figaro.

Autre donnée qui a pesé dans la balance: la proximité idéologique supposée entre Emmanuel Macron et Valérie Pécresse. Alors que Guillaume Peltier, fraîchement rallié à Éric Zemmour a estimé que "Valérie Pécresse, c'est Emmanuel Macron", la droite ne veut pas apparaître en train de dialoguer avec le président de la République.

Dans l'état-major du parti, on garde en tête les manœuvres de Xavier Bertrand. En pleine campagne pendant le congrès des LR, le patron de la Région Hauts-de-France avait croisé le fer à deux reprises avec le président de la République qui s'était rendu dans son territoire.

Sans grand succès pour le nordiste. Lors de deux échanges particulièrement scrutés, entre une poignée de main glaciale et quelques phrases autour de la sécurité, Xavier Bertrand était apparu en retrait. A trois mois du premier tour, alors que Valérie Pécresse est dans un mouchoir de poche face à Marine Le Pen au premier tour, chaque symbole compte.

Article original publié sur BFMTV.com

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