Boulogne-sur-Mer: plusieurs commerçants se mettent à nu en opposition aux modalités du reconfinement

H.G.
·2 min de lecture
Plusieurs hommes et femmes se sont dénudés pour protester contre les modalités du reconfinement, jugé injuste pour les petits commerces. - Capture d'écran Twitter - Hélène Wasselin
Plusieurs hommes et femmes se sont dénudés pour protester contre les modalités du reconfinement, jugé injuste pour les petits commerces. - Capture d'écran Twitter - Hélène Wasselin

Pour protester contre la fermeture de leurs boutiques en raison du confinement des commerçants de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), se sont fait photographier dénudés par la responsable d'un salon de coiffure de la ville, par ailleurs conseillère municipale PS de la Ville.

"Depuis ce matin, une trentaine de commerçants sont déjà venus se faire photographier, les uns après les autres pour respecter les mesures barrières" a indiqué Hélène Wasselin, gérante du salon Esquisse de Soi et conseillère municipale.

Sous le message, "La Covid nous met à terre! L'Etat nous met à poil", elle a posté des clichés de l'opération sur ses comptes Twitter et Facebook, les autres protestataires devant selon elle relayer également la mobilisation sur les réseaux sociaux. Sur ces photos, des hommes et femmes apparaissent torse nu de dos, coiffés d'un chapeau siglé du nom de divers commerces.

Une "injustice totale"

Hélène Wasselin a assuré avoir été inondée d'appels de "fleuristes, métiers de bouche, fringues, chaussures, coiffeurs" après que son appel à cette initiative a été relayé par Emeline Hochard, présidente de l'association Boulogne coeur de ville.

Les modalités du confinement sont une "injustice totale", affirme-t-elle. "Le confinement, on le fait volontiers, car on sait que les hôpitaux manquent de moyens. Mais soit on se confine tous, soit on ouvre tout!".

"Je suis satisfaite de l'action menée", a commenté Hélène Hochard, déplorant des décisions "prises sans concertation". "Dans le commerce de proximité, on reçoit 12 à 15 clients dans la journée. Les clients n'ont pas le droit de toucher les articles, c'est nous qui les servons, et on veut nous faire croire que c'est nous qui allons propager le covid", a-t-elle mis en avant.

La grande distribution opposée à la fermeture des rayons non-alimentaires

La fermeture des magasins dits "non essentiels" alimente depuis son entrée en vigueur vendredi la grogne des petits commerçants, et d'élus locaux, car les grandes surfaces restent ouvertes.

Afin de "rétablir l'équité", le gouvernement pourrait décider de fermer "des rayons de produits qui ne sont pas de première nécessité" dans les grandes surfaces, a indiqué dimanche le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur BFMTV.

La fédération de la grande distribution a exprimé, dimanche en fin d'après-midi, son "opposition" à une telle mesure, qui selon elle "manque de justification sur le plan sanitaire" et "compliquerait la vie des Français". Elle demande au gouvernement de "privilégier une réouverture progressive des petits commerces".

Article original publié sur BFMTV.com