Les boulangers favorisés ? Le Maire répond aux restaurateurs mécontents

Les boulangers trop aidés ? Le Maire répond aux restaurateurs mécontents
EMMANUEL DUNAND / AFP Les boulangers trop aidés ? Le Maire répond aux restaurateurs mécontents

POLITIQUE - Séparer le bon grain ? Depuis que le gouvernement s’est employé à répondre à l’inquiétude des boulangers, les restaurateurs réclament, eux aussi, un nouveau coup de pouce pour faire face à la flambée des prix de l’énergie. Une hypothèse qui ne plaît pas vraiment à Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, pour qui les situations ne se valent pas devant la flambée des prix.

Vont-ils obtenir la même chose, à savoir des aides financières, la possibilité de reporter le paiement de leurs impôts ou des cotisations sociales ou de résilier un contrat d’énergie sans frais ? « Non, parce que la situation est très différente. Et je veux bien rappeler un principe clé de l’année 2023 : les aides seront désormais ciblées sur ceux qui en ont le plus besoin », a-t-il répondu, ce mercredi 4 janvier, sur France inter, en insistant sur les difficultés particulières rencontrées par les boulangers, entre augmentation du prix du beurre, de la farine, des matières premières et du coût l’électricité dont ils sont très consommateurs pour faire cuire leurs fournées.

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« Ce sont les seuls dans ce cas », a encore martelé Bruno Le Maire, comme vous pouvez le voir ci-dessus (vers 7’), pour justifier l’action rapide du gouvernement face à ces patrons, boulangers, qui menacent de mettre la clé sous la porte. « Les restaurateurs, pardon, ce n’est pas la même situation. On va évidemment les recevoir, mais chacun n’aura pas le même dispositif », selon les mots du ministre de l’Économie.

« On multiplie le prix du bœuf bourguignon par 8 ? »

Une distinction que ne comprennent pas les principaux concernés, à en croire certains de leurs représentants. Avant même les déclarations de Bruno Le Maire sur Inter, Franck Delveaux, de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie en Île-de-France, critiquait sur franceinfo un ministre qui « ignore totalement la situation des restaurateurs ».

« Je suis choqué des propos du ministre (...) J’ai encore eu des collègues en ligne qui sont sur le point de fermer avec des factures énergétiques multipliées par 4, 5, 6, 7 ou 8 », expliquait-il quelques minutes avant l’interview du locataire de Bercy, avant d’ajouter : « Alors on fait quoi, on multiplie le prix du bœuf bourguignon par 8 ? »

Pour le professionnel, au contraire, les restaurateurs « sont dans la même situation » que les boulangers, avec des craintes de fermeture en pagaille. Il n’en faut pas davantage, dans ce contexte, pour faire planer la menace d’une mobilisation sociale massive. « Peut-être qu’il faut que nous allions manifester », a ainsi soufflé Franck Delveaux sur franceinfo, « que nous allions sur les ronds-points pour obtenir des mesures comme les boulangers, qui ont été très bons et je les félicite. Ils ont été entendus, pas nous. » Gageons que l’avertissement, en ces termes, parviendra jusqu’aux oreilles de Bruno Le Maire.

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