"De 'bougnoule' à 'racisé', chronique d'un racisme ordinaire"

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Naëm Bestandji, blogueur, militant laïque et féministe, analyse les différentes formes de "racisme ordinaire" dont il a été victime : celle du raciste violent d'extrême droite, celle du raciste bienveillant de gauche et le racialisme intracommunautaire.

Quand j'étais enfant, le racisme n'avait qu'une seule forme, produit par des profils plus ou moins similaires issus de l'extrême droite. Les " ratonnades " étaient menées par des skinheads, des policiers nostalgiques de l'Algérie française et de l'empire colonial ou par des militants " bas du front " national. De " bougnoule rentre chez toi " à " sale crouille ", j'ai eu ma dose de gifles racistes dans mon adolescence et mes premiers pas dans ma vie d’adulte.Les Français issus de l'immigration ont chacun leur histoire. Une de mes particularités est que, sans le bronzage de l'été, mon physique est éloigné du type maghrébin. Quand on ne me connaît pas, qu'on ignore mon nom et mon adresse située dans un quartier difficile, je me fonds dans le paysage des soirées, des réunions ou tout autre regroupement social. Il m'est donc arrivé, plus d'une fois, d'écouter des conversations sur des sujets politiques, sur les problèmes du monde sans langue de bois. Il y a parfois un homme ou une femme qui vient à parler des " immigrés ", ces voyous en puissance, ces racailles venues " voler le pain des Français ". Ces " étrangers " (même s'ils sont Français) sources de tous les problèmes du pays. J'écoute en silence. Il est...

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