Avec un bouclier tarifaire à 200 milliards, “l’Allemagne sait désormais gérer les crises”

Photo Michele Tantussi/REUTERS.

“Quand on veut, on peut : les ministres-présidents [des Länder] et le chancelier ont réussi à se mettre d’accord”, se réjouit le Tagesspiegel, après la publication, cette semaine, d’une feuille de route détaillant le massif plan d’aides à 200 milliards d’euros du gouvernement allemand. Face à la crise énergétique qui touche le pays, “le sommet de l’État se devait de réagir”.

“Ces mesures devraient soulager le portefeuille des près de 20 millions d’Allemands qui se chauffent au gaz, dès la fin de cette année, puis [à partir du printemps] prochain”, détaille le titre berlinois dans un second article.

Les particuliers bénéficieront dès le 1er mars d’un plafonnement des prix du gaz, avec des tarifs allant de “9,5 centimes par kilowattheure” pour le chauffage, à “12 centimes le kilowattheure” pour le reste. Leur consommation ne sera subventionnée entièrement que dans la mesure où celle-ci ne dépasse pas 80 % du niveau consommé l’année précédente.

“L’État financera [par ailleurs] la mensualité de décembre des particuliers et des petites entreprises qui se chauffent au gaz.” Les prix de l’électricité, eux, seront stabilisés à “40 centimes par kilowattheure” dès janvier pour les ménages. Les grands industriels allemands auront par ailleurs accès à des tarifs préférentiels : 7 centimes par kilowattheure pour 70 % de leur consommation habituelle, et 13 centimes pour l’électricité.

Difficile accord politique

Pour le Tagesspiegel, un consensus politique sur des aides d’une telle ampleur était loin d’être acquis, dans un pays où le concept constitutionnel du “frein à l’endettement” limite les possibilités de déficit budgétaire. Mais ces dépenses exceptionnelles ne seront pas intégrées au budget annuel de l’État, ce qui permettra au pays de conserver, au moins en apparence, des comptes relativement équilibrés.

“C’est un progrès manifeste, assure le titre berlinois, orienté à gauche. L’Allemagne sait désormais gérer les crises.” Il considère néanmoins que “l’application de ces mesures ne sera pas une mince affaire”. Très critiquées à l’étranger pour leur “égoïsme national” face à la crise énergétique, les autorités allemandes pourraient ainsi faire l’objet de reproches à l’intérieur du pays.

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