En Bosnie, le triste jeu des réfugiés du camp de Vu?jak

Un seul policier pour 1.000 hommes: ce chiffre met en lumière le peu d'engagement que les autorités locales portent à la crise migratoire qui sévit dans le canton d'Una-Sana. | Guillaume Origoni

Aux portes de l'Union européenne, un millier d'hommes vit dans des conditions déplorables en attendant une vie meilleure.

L'une des fonctions du journaliste est de rapporter les faits. Ici, au camp de réfugiés de Vu?jak à la frontière bosno-croate, les faits sont faciles à décrire: 1.000 hommes y survivent dans une décharge à ciel ouvert. On chemine entre les tentes mises à disposition par la Croix-Rouge et le Croissant Rouge en passant d'un cloaque à l'autre, dans lesquels flottent des monceaux de plastique, de vêtements abandonnés et parfois de déjections humaines.

Le camp de Vu?jak, situé à quelques kilomètres de Bihac, est du mauvais côté de la frontière, dans cette Bosnie qui n'a désormais que peu de chances d'intégrer l'Union européenne. La Croatie toute proche, membre de l'UE, reste donc l'objet de toutes les convoitises de ces naufragés sur terre ferme que sont les «habitants» du camp de Vu?jak.

À côté des tentes fournies par la Croix-Rouge et le Croissant rouge, de nombreux campements de fortune sortent de terre en fonction de la densité d'êtres humains présents dans le camp. | Guillaume Origoni

C'est dans cette portion d'Europe que se termine en cul-de-sac la fameuse route migratoire des Balkans. Le camp de Vu?jak est une verrue que personne ne veut voir.

Au contraire d'autres camps présents à Bihac ou dans ses alentours, celui-ci n'a pas d'existence officielle. Il a vu le jour à la suite d'une volonté d'éloigner les hommes du centre-ville, alors que les enfants, les femmes et les familles sont regroupés à Borici ou Bira.

Le gouvernement local a concentré ces hommes seuls sur les hauteurs de la ville dans une ancienne décharge. Vu?jak n'est administré par aucune organisation gouvernementale ou non gouvernementale comme le sont les camps de Borici ou Bira, contrôlés par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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