Bosnie: élections municipales à Doboj et Srebrenica sur fond de tensions communautaires

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En raisons d'importantes fraudes constatés dans deux villes, aux élections municipales bosniaques du 15 novembre, la commission centrale électorale a décidé de répéter le scrutin à Doboj et à Srebrenica. Mais dans cette dernière ville une partie des candidats appellent les électeurs au boycott, au risque de raviver les tensions inter communautaires toujours présentes depuis la fin de la guerre, il y a plus de vingt-cinq ans.

avec notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy

Les fraudes avaient été massives à Srebrenica aux dernières municipales : fausses domiciliations d’électeurs, carrousels organisés, votes par correspondances truqués avaient émaillé le scrutin. Aussi bien le parti du maire sortant, Mladen Grujicic un Serbe, que celui de son opposant, un musulman bosniaque Alija Tabakovic, avaient triché.

Dans cette ville qui fut le théâtre du plus grand massacre de la guerre de Bosnie (Le 11 juillet 1995, 8 000 hommes et garçons musulmans étaient tués par les forces serbes de Bosnie du général Mladic à Srebrenica. Un épisode reconnu comme génocide par la justice internationale et le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale), les programmes politiques n'ont pas d'importance. On vote en fonction de son appartenance ethnique. Longtemps, le maire avait été bosniaque. Aux dernières élections il y a cinq ans, un Serbe l'avait emporté de justesse.

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Cette fois, la commission électorale a refusé de valider certains votes par correspondance. Du coup, le camp bosniaque s'est senti lésé et appelle au boycott, tandis que le candidat serbe, assuré de l'emporter, appelle au calme.

Le problème s'est transposé au niveau national, où les politiciens des deux camps galvanisent leur opinion plutôt que de chercher la désescalade. Tous les éléments sont réunis pour raviver les tensions communautaires dans le pays.

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