Borne recule sur l’assurance chômage, la gauche en fait un exemple pour les retraites

Borne recul sur l’assurance chômage, la gauche en fait un exemple pour les retraites (photo de Manuel Bompard prise le 10 juin 2022)
NICOLAS TUCAT / AFP Borne recul sur l’assurance chômage, la gauche en fait un exemple pour les retraites (photo de Manuel Bompard prise le 10 juin 2022)

POLITIQUE - Un recul peut-il en cacher un autre ? C’est ce que la gauche espère ce mardi 3 janvier en saluant le retrait de la partie controversée d’un décret sur la refonte de l’assurance chômage. Élisabeth Borne a effectivement expliqué, sur franceinfo, renoncer à sa disposition polémique qui devait réduire la durée d’indemnisation de 40 % en fonction de la santé du marché de l’emploi.

De quoi réjouir les dirigeants de la Nouvelle union populaire, l’alliance des gauches à l’Assemblée, pour qui ce « premier recul » en annonce d’autres, à l’heure où l’exécutif prépare les derniers arbitrages d’une réforme tout aussi explosive : celle des retraites. En clair, pour les insoumis, communistes, écolos ou socialistes, ce changement de pied ne doit être qu’un début. Le combat continue.

« Un premier recul. La preuve que le rapport de force paie ! », se réjouit ainsi Manuel Bompard, le député et dirigeant de la France insoumise, sur Twitter, avant d’ajouter : « Si nous nous mobilisons massivement, nous pouvons faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites ! » Comme l’élu des Bouches-du-Rhône, nombreuses sont les figures de la gauche à réagir sur les réseaux sociaux, entre mobilisation des troupes et méthode Coué.

En attendant la retraite

« Aujourd’hui, Élisabeth Borne recule sur l’assurance chômage. Demain, elle reculera sur sa réforme des retraites. Tous mobilisés ! », abonde ainsi le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, qui appelle à signer une pétition contre la réforme sur le site unebonneretraite.fr. Un texte qui recueille à un peu plus de 15.782 signatures ce mardi matin.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.
Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Pour la nouvelle secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts, Marine Tondelier, « ce qui est bien, c’est qu’on n’a pas encore commencé à manifester que le gouvernement a déjà compris qu’il allait falloir se détendre sur les mesures antisociales… ». « Allez, encore un petit effort : faut renoncer au report de l’âge légal de la retraite maintenant », écrit-elle, toujours sur les réseaux sociaux, dans le sillage par exemple de l’insoumise Manon Aubry ou de l’écolo Aurélien Taché.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Concrètement, le projet de réforme de l’assurance chômage prévoit une baisse de 25 % de la durée d’indemnisation pour tous les demandeurs d’emploi qui ouvrent des droits à partir du 1er février en métropole, comme annoncé. Mais, fait nouveau, il était envisagé que la durée d’indemnisation baisse de 40 % et non de 25 %, lorsque le taux de chômage passe sous les 6 % (il est actuellement à 7,3 %). Une nouvelle disposition -surprise- annoncée à la veille de Noël… Et qui a suscité la colère des partenaires sociaux, ou de certains élus de la Nupes.

Un « recul tactique » ?

Dans ce contexte, tous, à gauche ou chez les syndicats, n’ont pas une lecture similaire du changement de pied gouvernemental. Pour Denis Gravouil de la CGT, par exemple, la décision annoncée par Élisabeth Borne ce mardi sur franceinfo n’est qu’un « recul tactique du gouvernement. » Si les syndicats y ont vu « une bonne nouvelle », selon le responsable cité par l’AFP, « le fond reste le même : une nouvelle réduction sans précédent des droits des chômeurs au 1er février ».

Mêmes réserves pour le député socialiste Arthur Delaporte. Loin des messages de félicitations ou de réjouissance écrits ici et là, l’élu du Calvados insiste sur le caractère néfaste de la réforme, dès sa première mouture. « Donner l’impression qu’on recule avec une mesure paravent qui concentrait l’indignation… Pour faire oublier ce qui reste dans les cartons, la réduction de 25 % de la durée d’indemnisation ? », fait-il mine de s’interroger sur Twitter avant d’exhorter l’exécutif à « revenir sur cette folie ! »

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Ce n’est pas ce qui est prévu, pour l’instant. Derrière cet ajustement sur les règles de l’assurance chômage, le gouvernement se montre inflexible sur le reste de ses réformes. Celle des retraites en tête. Élisabeth Borne a ainsi confirmé, dans cette même interview de rentrée, l’intention de l’exécutif d’envoyer son texte au Conseil des ministres du 23 janvier, après une présentation publique le 10 janvier. Et ce malgré la vive opposition de l’opinion publique, des syndicats et d’une grande partie de la classe politique.

À voir également sur Le HuffPost :

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Lire aussi