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Borne en Irlande pour évoquer les grands dossiers de l'UE, à sept mois des élections

La Première ministre Elisabeth Borne, le 11 novembre 2023 à Paris (Ludovic MARIN)
La Première ministre Elisabeth Borne, le 11 novembre 2023 à Paris (Ludovic MARIN)

La Première ministre Elisabeth Borne se rend à Dublin lundi pour échanger sur les enjeux de l'Union européenne et ses valeurs avec son homologue irlandais Leo Varadkar, à sept mois des élections au Parlement européen, dans un contexte international troublé.

Après l'Algérie, le Portugal et l'Allemagne en 2022, il s'agit du premier déplacement à l'étranger cette année de la cheffe du gouvernement.

Elisabeth Borne rencontrera son homologue irlandais, Leo Varadkar, pour échanger "sur les enjeux internationaux" et "les grandes négociations européennes", selon Matignon.

Ils devraient discuter de l'élargissement de l'UE, du cadre financier pluri-annuel (qui planifie les dépenses de l'UE) ou encore des "grandes législations que la France souhaite voir avancer" comme la réforme du marché européen de l'électricité. Ils aborderont aussi leurs relations avec le Royaume-uni depuis sa sortie de l'UE.

Alors que ces sujets sont d'habitude traités par le président de la République, "il y a une très forte volonté de la Première ministre de contribuer (...) à ce que ces législations tout à fait essentielles puissent aboutir", soulignent ses services.

Elles ont "un impact extrêmement fort sur les sujets français" et la Première ministre les "suit de très près", ajoute-t-on de même source.

- Valeurs républicaines -

Élisabeth Borne a invité récemment son parti Renaissance à se mobiliser "dès maintenant" pour les élections européennes de juin, face au Rassemblement national présenté comme favori de ce scrutin.

Mais le parti d'Emmanuel Macron n'a pas encore choisi sa tête de liste. Plusieurs noms circulent, dont celui du président du groupe Renew au Parlement européen Stéphane Séjourné et du commissaire européen Thierry Breton. La Première ministre n'a jamais dit si elle était intéressée.

Mme Borne pourra aussi oublier quelques heures ses difficultés au Parlement, où elle est privée de majorité absolue, ce qui l'a conduite à recourir une quinzaine de fois à un outil constitutionnel controversé, l'article 49.3, pour faire adopter certains textes sans vote. Lundi le gouvernement devrait en déclencher un nouveau, mais sans elle.

Les deux chefs de gouvernement introduiront une conférence sur les "225 ans d’aspiration à la République" pour marquer "l'année des Français" qui, en 1798, participèrent à une éphémère rébellion irlandaise. Celle-ci instaura une petite République inspirée de sa voisine française.

Elle sera l'occasion de rappeler les valeurs républicaines et européennes communes aux deux pays, au lendemain de la grande marche à Paris contre l'antisémitisme, conduite notamment par Mme Borne. Ces valeurs ne sont "pas un acquis mais un combat", selon Matignon.

Avant d’arriver à Dublin, la Première ministre française a salué à Paris la mémoire des victimes des attentats du 13-Novembre.

Ukraine et Proche-Orient seront aussi au menu. Le Premier ministre irlandais avait jugé début novembre que la réponse militaire d'Israël aux massacres du Hamas le 7 octobre ressemblait à "quelque chose qui est proche de la vengeance".

- Liaison électrique -

Quatre ministres accompagnent Mme Borne: Agnès Pannier-Runacher (Transition énergétique), Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur et recherche), Jean-Noël Barrot (Numérique) et Laurence Boone (Europe).

Dans le contexte du changement climatique et de la décarbonation des sources d'énergie, ce déplacement scellera le projet de liaison électrique sous-marine à haute tension Celtic Interconnector, destiné à raccorder le réseau irlandais au continent européen à l'horizon 2027.

Longue de 575 km, elle reliera la région de Cork à celle de Brest, dans le contexte de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, alors que l'Irlande n'est jusqu'à présent reliée qu'à son voisin britannique.

Cette coopération "a un impact sur les négociations" à Bruxelles sur le marché européen l’électricité, car même si l’Irlande n’est pas très favorable au nucléaire, elle a une ligne de neutralité sur ces discussions, fait-on valoir à Matignon.

Les 27 pays de l'UE se sont mis d'accord fin octobre pour une réforme de ce marché, qui est désormais négociée entre les Etats et les eurodéputés en vue de sa finalisation.

Elisabeth Borne échangera également avec des entrepreneurs irlandais, à l'occasion des dix ans de la French Tech, avant de rencontrer la communauté française en Irlande.

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