Borne critiquée après son invitation à une femme en fauteuil à "reprendre une activité professionnelle"

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La Première ministre Elisabeth Borne, le 2 juin 2022 à Brunoy, dans l'Essonne - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP
La Première ministre Elisabeth Borne, le 2 juin 2022 à Brunoy, dans l'Essonne - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

C'est une réponse qui fait beaucoup réagir. Invitée de France Bleu ce mercredi, Elisabeth Borne était interrogée par une personne en situation de handicap, Dolorès, concernant les aides, notamment l'allocation adulte handicapée (AHH). La Première ministre lui a alors, entre autres, suggéré de "reprendre une activité".

Coup de froid dans le studio. "J’adore quand madame la Première ministre dit de reprendre une vie professionnelle, mais vous savez qu’on est en fauteuil…", rétorque l'auditrice avant de fondre en sanglots, incapable de continuer sa phrase.

"Sans mon époux, je serais à la rue"

Cette séquence, vivement partagée sur les réseaux sociaux, a donc eu lieu alors qu'Elisabeth Borne répondait à des questions d'auditeurs en direct. Dolorès explique alors être en fauteuil roulant à la suite d'un "très grave accident" et ne "plus pouvoir travailler".

Elle appelle ainsi "pour savoir si l’État compte faire quelque chose pour les personnes qui sont handicapées". En effet, elle raconte être privée de l’allocation adulte handicapée (AAH) à cause des revenus de son mari. "On me dit que j’ai le droit à rien car on dépasse les plafonds. Sans mon époux, je serais à la rue", poursuit-elle.

Cette allocation, sous le feu des critiques depuis plusieurs années, n'est, en effet, versée qu’en dessous d’un certain montant de revenus annuels pour l’ensemble du couple, même si une seule personne est en situation de handicap.

"Peut-être reprendre une activité professionnelle"

Au bout du fil, Elisabeth Borne lui parle alors des autres aides disponibles, notamment celles qui sont "sans conditions de ressources". Ensuite, si elle dit "entendre [son] émotion", la Première ministre lui suggère maladroitement de "reprendre une activité professionnelle".

“Ensuite, il y a la façon dont on peut vous accompagner pour que vous puissiez peut-être reprendre une activité professionnelle, j’imagine que c’est quelque chose que vous pourriez souhaiter... ", explique-t-elle.

Face à l'émotion de Dolorès, Elisabeth Borne s'est reprise en ajoutant: "Peut-être, ce n’est pas le moment de parler de cette reprise professionnelle".

Pour Mélenchon, Borne "humilie une femme en fauteuil"

Mais ce demi mea culpa n'a pas suffi à freiner l'opposition qui ne s'est pas faite attendre pour réagir. En commençant par celui qui entend remplacer Elisabeth Borne à Matignon à l'issue des élections législatives. "Elle humilie une femme en fauteuil", lance ainsi Jean-Luc Mélenchon dans un tweet dénonçant une "technocrate brutale".

"Glacial" et "insensible" pour Fabien Roussel, "un bloc de glace" pour Olivier Faure, la nouvelle Première ministre est étrillée sur les réseaux sociaux. En pleine campagne législative, à gauche, on se saisit de cette polémique pour promouvoir la NUPES et sa proposition de déconjugalisation de l'allocation adulte handicapée.

Article original publié sur BFMTV.com

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