Boris Johnson, adieu ou à la revoyure ?

Un dernier discours. Et puis s’en va. Boris Johnson a franchi une ultime fois le seuil du 10 Downing Street, mardi matin. “Lui qui a toujours fait de l’optimisme débordant un thème central de son action, il est sorti au moment où le soleil automnal inondait la rue”, s’est quelque peu emporté le journaliste à l’antenne de BBC News.

Devant la résidence des Premiers ministres britanniques, au cœur de Londres, le conservateur a remercié ses équipes. Puis défendu son bilan, de la mise en œuvre du Brexit au succès de la campagne de vaccination anti-Covid en passant par le triomphe historique de son parti aux législatives de 2019. Il a aussi souhaité bon courage à sa successeure, Liz Truss. Et assuré le futur gouvernement de son entier soutien.

“Elle était bizarre cette hallucination collective de 1 139 jours, non ?” soupire, avec son sarcasme habituel, le tabloïd Daily Star. “En tout cas, c’est la fin d’une erreur.” Au panthéon des Premiers ministres, Boris Johnson “restera comme l’un des plus sulfureux”, enchaîne The Guardian, analyses d’historiens à l’appui. “Jamais le parti conservateur n’avait connu chef aussi frivole. Un Néron des temps modernes, complète Alistair Cooke, historien officiel des conservateurs auprès du journal de gauche. Jamais disposé à travailler autant qu’il le faut pour diriger un gouvernement efficace.” Son mandat à la tête du gouvernement s’achève dans une myriade de scandales, certes, “mais jusque dans la tourmente, il réussissait encore à s’ériger en guide moral sur la guerre en Ukraine et à rassembler l’Occident contre Vladimir Poutine, préfère retenir The Daily Telegraph. Il laissera un vide dans la vie politique britannique.”

Faire une Churchill

Boris Johnson le jure, ses ambitions politiques ont quitté le Number 10 avec lui. “Me voilà comme une fusée qui a terminé ce qu’elle avait à faire, a-t-il assuré devant la porte la plus célèbre de la capitale. Je vais maintenant rentrer doucement dans l’atmosphère pour aller sombrer incognito dans un coin perdu du Pacifique.”

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