"Boris Godounov", Première acclamée mais aussi contestée à la Scala de Milan

"Boris Godounov", Première acclamée mais aussi contestée à la Scala de Milan

Une Première acclamée mais aussi contestée à la Scala de Milan. En pleine guerre en Ukraine, le mythique théâtre italien a ouvert sa saison mercredi soir avec l'opéra russe "Boris Godunov". Un choix dénoncé par le consul ukrainien à Milan, mais défendu par la direction de la Scala soulignant que L'oeuvre de Modeste Moussorgski inspiré du drame éponyme d'Alexandre Pouchkine, raconte la rupture entre un dirigeant autocrate et son peuple.

Présente à cette première, la présidente de la Commission européenne, a souligné son entier soutien au peuple ukrainien : "les Ukrainiens sont des gens fantastiques, braves et courageux et nous faisons tout notre possible pour les soutenir et nous le ferons aussi longtemps qu'il le faudra. Je pense que nous ne devons pas permettre que Poutine détruise la culture".

La Première ministre italienne Giorgia Meloni défend également le choix de la Scala : "nous n'avons rien contre le peuple russe, l'histoire russe ou la culture russe, nous avons quelque chose contre ceux qui ont fait le choix politique d'envahir un pays souverain. Les deux dimensions doivent rester séparées, car ce sont deux choses très différentes et nous ne devons pas les mélanger", a-t-elle expliqué.

"la propagande de Poutine" dénoncée

A l'extérieur du théâtre, un groupe d'une trentaine d'Ukrainiens n'était pas du même avis. Ces manifestants ont dénoncé l'Etat terroriste russe et demandé à la Scala "ne pas favoriser la propagande de Poutine".

Parmi les protestataires, Nadiya Sazanska, une Ukrainienne qui vit en Italie depuis 22 ans : "c'est un problème majeur, la culture est devenue une sorte d'arme pour les Russes, c'est ainsi que les Ukrainiens le ressentent, ils ne veulent rien entendre de russe. Et moi je ne veux pas protester contre la culture et l'opéra".

La direction de La Scala a tenu à rappeler son soutien à l'Ukraine, notamment par un concert de charité qui a permis de récolter 400 000 euros.

Des militants écologistes du mouvement Ultima Generazione ("Dernière génération") ont aussi aspergé mercredi à l'aube de peinture rose, bleue et turquoise l'entrée de la Scala pour alerter les personnalités politiques attendues à la soirée sur le changement climatique, avant d'être interpellés par la police.