Les Borgs : des structures mystérieuses de l’ADN identifiées dans un microorganisme mangeur de méthane

Jenny Nuss/Berkeley Lab

Des structures d’ADN extra-chromosomique découvertes chez l'archée mangeuse de méthane Methanoperedens pourraient jouer un rôle dans des procédés environnementaux.

Connus pour être les méchants dans Star Trek, les Borgs ont atterri sur Terre. Ou, du moins, les chercheurs ont découvert ici leurs homologues. Il s'agit de structures d'ADN qui semblent piller et "assimiler" les gènes des microorganismes présents dans leur environnement, un peu comme les extraterrestres "Borg" de la fiction Star Trek qui absorbent les connaissances et la technologie des autres espèces.

Les archées, productrices et mangeuses de méthane

Comme la majorité des microorganismes, les archées (voir encadré ci-dessous) possèdent un ou deux chromosomes qui abritent toute leur information génétique, appelé génome. Mais ils peuvent accueillir et partagent souvent entre eux des structures extra-chromosomiques (ECEs), tels que des plasmides, qui portent des gènes non essentiels à leur métabolisme mais utiles, comme ceux de la résistance aux antibiotiques.

Les archées font parties d’une des trois branches de l’arbre du vivant avec les bactéries et les eucaryotes. Bien qu’elles soient très similaires aux bactéries sur le plan morphologique, les archées sont des microorganismes unicellulaires procaryotes (sans noyau) qui se distinguent de celles-ci du fait de variations dans leur constitution génétique. Les voies métaboliques, les gènes possédés et les protéines exprimées ressemblent étroitement aux eucaryotes (avec noyau) plutôt qu’aux bactéries.

Selon les espèces, les archées sont capables de produire (méthanogènes) ou de digérer (méthanotrophes) du méthane (CH4) en grande quantité. Ce gaz, émis naturellement par des processus géologiques et par des archées piège 30 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone et on estime qu'il est responsable d'environ 30% du réchauffement climatique. Cependant, la libération de ce gaz à effet de serre dans l’atmosphère et les océans est également combattue par des archées méthanotrophes. Ces microbes oxydent (décomposent) le méthane uniquement lors d’une digestion anaérobie (en l’absence d’oxygène) en utilisant une voie qu[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi