Sur les bords de Loire, un passionné perpétue la tradition du gyotaku, art ancestral japonais

Sophie Granel

Dans cet atelier lumineux, situé à Tours à deux pas de la Loire, nous sommes bien loin de la mer du Japon. Pourtant, chez Nicolas Trolonge, l'empire du Soleil-Levant est partout. Sur les murs, dans les tiroirs ou étalés sur la table à dessin, les créatures étranges nagent entre deux eaux, entre deux mondes. Ce sont des gyotaku, des représentations à l'encre de Chine de poissons, dont la poésie indéniable a séduit l'artiste.


En japonais, gyo signifie poisson d'eau douce et taku, empreinte. Logiquement, le gyotaku est donc l'art de reproduire sur papier ou tissu, une empreinte de poisson. Selon la légende, au 19e siècle à la fin de l'ère Edo, un seigneur aurait pêché une dorade grise magnifique, un specimen de choix digne de l'empereur lui-même. Ce dernier étant trop loin, le samouraï et ses hommes auraient alors fixé sur papier l'empreinte du poisson afin de l'offrir au souverain.

Plus prosaïquement, l'art ancestral du Gyotaku aurait eu à l'origine une vocation utilitaire : afin de couper court aux discussions sur le poids et la qualité de leur marchandise, des pêcheurs auraient eu l'idée de transférer l'empreinte de leurs prises sur un support, à l'aide d'encre de seiche. Accompagnés d'un texte calligraphié indiquant le lieu et la date de pêche ainsi que les (...)

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