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Bordeaux-Rodez arrêté: "Il ne va pas très bien", l'avocate de Buades évoque une "amnésie traumatique" et des menaces de mort

Bordeaux-Rodez arrêté: "Il ne va pas très bien", l'avocate de Buades évoque une "amnésie traumatique" et des menaces de mort

Il ne s’en est pas encore remis. Loin de là. Ni physiquement, ni psychologiquement. Trois jours après son agression par un supporter de Bordeaux lors de la dernière journée de Ligue 2, Lucas Buades, le milieu de terrain de Rodez, vit des heures difficiles. C’est qu’a affirmé son avocate, Karine Shebabo, lors de son passage dans l’After Foot ce lundi sur RMC.

"Il ne va pas très bien, pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il a été la victime d’une double infraction, alors que lui n’avait fait que marquer un but et le célébrer, a-t-elle expliqué. Donc déjà il y a un problème de sécurité et de violence qui déborde sur l’enceinte du match. Et puis parce qu’on a après des réactions, un déversement de haine, énormément de menaces. Des menaces de mort, des menaces de violence sur lui et son entourage, mais également la remise en cause de ce qu’il a vécu. Il a eu un coup sur le larynx, c’est donc un traumatisme laryngé qui l’a fait tomber par terre. Il est tombé sur la tempe gauche et il y a eu une amnésie traumatique."

"On ne sait pas s’il a perdu connaissance"

"Les médecins qui l’ont vu ont considéré que c’était suffisamment grave pour qu’il ne reprenne pas le match. Et puis la situation de mon client est évolutive. On voit partout qu’il n’aurait qu’un jour d’ITT. Ça on le saura le jour du jugement parce que cette situation est évolutive. Et surtout, ce n’est pas lui qui a décidé d’arrêter le match. Il y a eu tout un protocole qui a été respecté et c’est l’arbitre qui décide d’arrêter définitivement le match."

Relancée sur ce sujet, l’avocate de Lucas Buades a donné plus de précisions sur les circonstances de son agression au Matmut Atlantique, qui a entraîné l’arrêt de la rencontre: "Il est poussé au niveau du larynx, ça lui coupe la respiration et il tombe. A ce moment-là, il a un étourdissement. On ne sait pas s’il n’a pas perdu connaissance pendant une petite minute. En tout cas, il a eu une amnésie post-traumatique, c’est sûr. Et c’est à ce moment-là qu’a eu lieu la commotion, c’est la chute en fait. (…) Quand il est tombé par terre, il y a apparemment une bombe artisanale ou agricole qui est tombée à côté de lui. Donc il y a eu un deuxième traumatisme et c’est là qu’il a été décidé de l’évacuer vers les vestiaires."

"J’aurais aimé un coup de fil de Bordeaux"

"Un premier médecin l’a vu, puis un second, et c’est eux qui étaient avec lui pendant des heures pour voir comment était la situation, comment il se portait, a-t-elle poursuivi. C’est peut-être de là qu’est venu le trouble, en pensant qu’au début on allait l’emmener à l’hôpital, puis on a finalement décidé de ne pas le bouger pour qu’il reste en observation et qu’on voit son état. Mais je crois surtout qu’il y avait une grande désorganisation liée à cet acte de violence qui n’était pas du tout anticipé et pas du tout prévisible."

Me Shebabo a ensuite répondu aux détracteurs de Lucas Buades, qui l’accusent d’avoir exagéré sa blessure lorsqu’il a été poussé par le supporter des Girondins descendu des tribunes: "Mon client a été frappé, ça s’est évident. On essaie maintenant de faire dire aux images une autre réalité. Le PV de match parle bien d’une agression d’un joueur, d’une sécurité qui est menacée. Il n’y a pas de débat là-dessus. Ce que j’aurais aimé de la part du club recevant, c’est peut-être d’abord un coup de fil à mon client pour présenter ses excuses, savoir comment il va. J’aurais quand même apprécié. J’aurais trouvé que c’était fair-play, que c’était sport."

Le dossier mis en instruction par la commission de discipline

En attendant, Lucas Buades a décidé de saisir la justice dans cette affaire. "La plainte a déjà eu lieu, de la part de mon client mais également de son club, a précisé son avocate. J’ai cru comprendre que le club de Bordeaux aussi allait déposer plainte. L’auteur des faits a été cité en correctionnel pour la fin du mois de novembre donc il y aura un procès et j’espère vraiment que ce genre de comportement sera réprimé comme il se doit."

La commission de discipline de la Ligue de football professionnel a mis le dossier en instruction ce lundi, comme le lui impose son règlement. Une décision sera rendue le 12 juin. Bordeaux espère pouvoir rejouer ce match dans les plus brefs délais alors que ses joueurs continuent de s’entraîner afin de rester affûtés avant de pouvoir partir en vacances. Tout comme ceux de Rodez. L’issue de cette rencontre peut être décisif dans la course à la montée et/ou le maintien en L2.

Article original publié sur RMC Sport