Les poules pondeuses stars du confinement: attention au revers de la médaille

Vincent Gibert
Les éleveurs ont parfois vendu deux fois plus de poules pondeuses ces deux derniers mois, par rapport à l'année dernière. (Photo: AFP)

ANIMAUX - Pendant le confinement lié à la crise du coronavirus, de nombreux Français se sont tournés vers de nouvelles activités. Parmi elles, l’élevage de poules pondeuses, en campagne mais aussi en ville, figure en bonne place.

Des éleveurs ont ainsi constaté un boom des ventes sur ce marché précis. Un éleveur à Lazarret dans le Tarn-et-Garonne annonce par exemple à France Bleu avoir “vendu 10.000 poules en deux mois, contre 6000 à 7000 d’habitude en cette saison”.

“On a en vendu près de 7000 en deux mois, le double de l’année dernière à la même époque”, confiait de son côté au JDD un vendeur spécialisé dans la vente de volaille à Artigueloutan dans les Pyrénées-Atlantiques.

Alain Gardin, éleveur de poules à Montjoire en Haute-Garonne, a lui enregistré “40 % de nouveaux clients” et estime la hausse de son chiffre d’affaires de “20 à 30 % sur les huit dernières semaines”, rapporte franceinfo.

“Le boom pour les poules pondeuses date de quelques années. Mais pendant le confinement, pour occuper les enfants, il y a eu une recrudescence”, confirme auprès du HuffPost Jean-Jean-Claude Périquet, président de la Fédération française des volailles (FFV).

“Vous avez ceux tout au début qui avaient peur de ne pas avoir à manger, ils venaient chercher des poules pour avoir des oeufs. Puis, vous avez ceux qui avaient prévu de faire un poulailler, et comme ils étaient à l’arrêt, ils en ont profité pour venir. Et maintenant, vous avez ceux qui ne partiront peut-être pas en vacances, et qui se disent, ‘voilà on va faire un poulailler, ça occupera les enfants’”, résume à l’AFP Martine Denis, qui gère un élevage en Belgique -pays qui a aussi connu un boom- à une trentaine de kilomètres de Bruxelles.

“Élever des poules, ce n’est pas aussi facile que l’on croit”

Mais attention, “élever des poules, ce n’est pas aussi facile que l’on croit. Il y a beaucoup de gens qui se trompent”, met en garde auprès du HuffPost Isabelle Goriaux, éleveuse familiale de poules depuis plusieurs années et qui est derrière le site Poules-club.com. “Les poules sont à la mode depuis quelques temps, les gens essaient car c’est tendance. Mais une poule, ça ne pond pas des œufs tous les jours. Éventuellement la première année, et encore. Mais la deuxième année, ça ne pond plus. Il faut s’en occuper, ça peut avoir des maladies.”

“De plus en plus de gens en ville, dans des lotissements, achètent des poules”, explique encore Isabelle Gloriaux, qui a été contactée cinq fois plus que d’habitude sur sa messagerie Facebook pendant le confinement pour diverses questions. “En ville dans les jardins, on peut voir des poulaillers, ce qui crée parfois des problèmes avec les voisins. Une poule peut faire beaucoup de bruit quand elle pond ou elle a peur. Beaucoup de gens ne sont pas au courant de tout ça et se rendent compte que ce n’est pas si facile d’avoir une poule”.

Résultat, avec le boom des ventes pendant le confinement, des abandons d’animaux sont à craindre désormais, par des personnes peut-être lassées de leur poule pondeuse.

“Il faut aussi se demander ce qu’on fera avec nos poules l’hiver et lorsqu’elles ne pondront plus...”, prévenait fin avril la SPA canadienne dans une tribune.

Sur la page Facebook de Poules-club, suivie par plus de 11.000 personnes, une publication datant d’il y a deux semaines relayait une annonce parue sur Le Bon Coin, sur laquelle étaient mises en vente des poules pondeuses. C’est surtout une partie de l’intitulé de l’annonce qui en dit long: “Je les avais achetées pour le confinement, et je m’en sépare pour retour au travail en déplacement”...

 

Des poules abandonnées dans le métro à Paris

“On a déjà assisté à des abandons de poules ces dernières années”, selon Isabelle Gloriaux. “Même à Paris, une fois, on a retrouvé deux poules attachées à une corde dans le métro...” “J’ai déjà retrouvé moi-même trois poules qui avaient été abandonnées dans un lotissement”, ajoute-t-elle.

Ci-dessous, une autre publication sur la page Facebook de Poule’s Club, montrant deux coqs trouvés dans la rue.

 

“La poule, l’avantage face à un chat ou à un chien, c’est que les gens peuvent toujours la recéder à quelqu’un”, précise aussi Jean-Claude Périquet de la Fédération française des volailles. De quoi laisser espérer que les abandons seront moins cruels pour les gallinacés.

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