"Si Bonhomme, tu vas le nommer": Bompard répond à Macron sur la nomination de Mélenchon à Matignon

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Emmanuel Macron a assuré qu'il ne se laisserait imposer par "aucun parti" le nom du Premier ministre, même en cas de cohabitation. Une réponse aux ambitions de Jean-Luc Mélenchon. Manuel Bompard, lieutenant de ce dernier, a voulu réfuter les arguments du président de la République.

La gauche veut croire au voeu formulé en début de campagne par Jean-Luc Mélenchon: celui d'être nommé Premier ministre d'un gouvernement de coalition. Encore plus après les enseignements du premier tour des législatives dans les circonscriptions des Français de l'étranger, où la majorité "Ensemble!" arrive en tête et où la Nouvelle alliance populaire écologique et sociale (Nupes) réalise une percée notable. De quoi inciter les soutiens du leader de la France insoumise à donner de la voix ce lundi, comme Manuel Bompard.

Tandis qu'Emmanuel Macron a affirmé que personne pourrait lui imposer un chef de gouvernement, le lieutenant de Jean-Luc Mélenchon lui a directement répondu, en assurant que le chef de l'Etat serait contraint de choisir son ex-rival à la présidentielle en cas de victoire de la Nupes. "Si, bonhomme, tu vas le nommer", a ainsi imagé auprès de Sud Radio celui qui est candidat dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, ancien fief de Jean-Luc Mélenchon.

Manuel Bompard dénonce une "provocation"

Pour comprendre la saillie de Manuel Bompard, il faut remonter aux propos tenus vendredi par le chef de l'Etat au cours d'un entretien accordé à la presse quotidienne régionale. "Il est rare de gagner une élection à laquelle on ne se présente pas", a-t-il d'abord lancé au moment de commenter les aspirations de Jean-Luc Mélenchon:

"Le président choisit la personne qu’il nomme Premier ministre en regardant le Parlement. Aucun parti politique ne peut imposer un nom au président."

Autant d'arguments qui "ne tiennent pas la route" aux yeux de Manuel Bompard qui a enchaîné: "Quand il nous dit: 'De toutes façons, Jean-Luc Mélenchon ne pourra pas être Premier ministre parce que je ne le nommerai pas'. Ben, si, bonhomme, tu vas le nommer."

"Ce serait une provocation, ce serait ne pas respecter le résultat des législatives. Ce serait contraire à toutes les traditions historiques", a tempêté celui qui est encore député européen, envisageant un Emmanuel Macron se tournant vers une autre figure du rassemblement de la gauche en cas de succès de cette dernière.

Question de confiance

Si rien ne contraint le président de la République dans le choix du personnage chargé de conduire la politique du gouvernement, il est vrai que tous les exécutifs de cohabitation ont été emmenés par leur leader naturel, de l'équipe de Jacques Chirac en 1986 à la gauche plurielle de Lionel Jospin en 1997. La seule exception étant peut-être la promotion d'Édouard Balladur en 1993 mais celui-ci avait été sélectionné par Jacques Chirac lui-même.

Manuel Bompard a encore avancé une autre réalité politique: "Ce qui est une obligation constitutionnelle, c’est que le Premier ministre doit ensuite avoir un vote de confiance de l’Assemblée nationale et pour l’avoir, il faut nommer Premier ministre la personne choisie par l’alliance politique ayant la majorité politique à l’Assemblée nationale".

Or, a-t-il jugé, Emmanuel Macron ne "pourra pas se payer le luxe d’une forme d’humiliation parce qu’il déciderait de choisir telle personne et que cette personne finalement n’aurait pas la confiance".

Encore faut-il gagner

Le candidat insoumis à Marseille a poursuivi sa critique d'Emmanuel Macron en évoquant ensuite le renoncement de Jean-Luc Mélenchon de concourir lui-même au scrutin, pointé par l'actuel locataire de l'Élysée, comme une bonne partie de ses proches:

"Monsieur Castex n'était pas député, et il l’a pourtant nommé Premier ministre. Madame Borne non plus, même si elle se présente maintenant. Il n’y a aucune obligation d’être député pour être nommé Premier ministre."

À cette heure, toutefois, la Nupes ne paraît pas en mesure de satisfaire à la première condition pour faire de son premier représentant le pensionnaire de Matignon: remporter les législatives. Dans notre dernier sondage "Opinion 2022" réalisé par Elabe, les projections ne situait le futur groupe de gauche au Palais-Bourbon que dans une fourchette comprise entre 155 à 180 députés, sous la barre fatidique de 289 parlementaires fixant la majorité, et derrière "Ensemble!" jaugé entre 275 et 315 sièges.

Article original publié sur BFMTV.com

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