Un bon du trésor libanais vaut désormais moins de 10 cents de dollar

COURRIER INTERNATIONAL

Le prix du bon du trésor libanais en dollars a atteint un plus bas historique : 0,092 dollar l’obligation – en dessous du prix de celui du Venezuela (0,95 dollar) –, indiquait mercredi 8 juin le quotidien libanais L’Orient-Le Jour.

En proie à la crise économique la plus aiguë de son histoire – amplifiée par l’inertie totale des autorités –, le Liban, lourdement endetté, a fait défaut sur le remboursement de sa dette en mars 2020 sans jamais procéder à sa restructuration ni aux réformes nécessaires au déblocage d’une aide du Fonds monétaire international (FMI).

“Passée pour la première fois de l’histoire du pays en dessous de la barre des 10 cents pour 1 dollar, la valeur des obligations en devises émises par l’État libanais, les euro-obligations libanaises (LEBAN Eurobonds), est désormais inférieure à celle des obligations émises par le Venezuela (VENZ bonds), qui jusqu’à la semaine passée étaient les moins chères du monde, selon la société EMFI (Emerging Finance)”, indique L’Orient-Le Jour.

“Incertitude” concernant le sort de l’aide du FMI

Le Liban et le Venezuela sont en défaut de paiement sur leurs obligations respectives, et le Liban n’émet plus de nouveaux titres, “les obligations d’État se négociant exclusivement sur le marché secondaire, donc uniquement entre détenteurs”, ajoute le quotidien.

Le Venezuela, dont le régime est ciblé par des sanctions américaines, est en situation de défaut depuis 2017. Jusque-là, il était au bas de l’échelle pour ce qui est du prix des obligations.

Mais “la récente baisse des prix des euro-obligations émises par le Liban en dessous de la barre des 10 cents est liée au fort degré d’incertitude qui règne concernant la capacité des autorités à mettre en place les mesures réclamées par le FMI”, rapporte encore le journal libanais, citant un banquier.

Le Liban a mené des négociations préliminaires avec le FMI au cours des deux dernières années, mais celles-ci n’ont toujours pas abouti, du fait de la résistance des autorités à mener les réformes demandées ainsi que celle des banques à assumer les pertes, les deux camps – soupçonnés de connivence – préférant répercuter ces pertes en milliards de dollars sur la population.

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