"Il y avait des bombardements tous les jours": les rescapés de l'enfer de Marioupol racontent

Évacués de l'usine d'Azovstal grâce à l'intervention des Nations Unies, une centaine de personnes ont été sauvées ce dimanche. Leur état de santé, gravement détériorée, inquiète.

Après plusieurs semaines d’angoisse, des dizaines de personnes ont enfin vu la lumière du jour. L'évacuation de l'usine Azovstal à Marioupol, port assiégé par les Russes dans le sud-est de l'Ukraine, "a commencé" et une centaine de civils se dirigent vers "le territoire contrôlé par l'Ukraine", a annoncé ce dimanche Volodymyr Zelensky.

Dans les souterrains de l’usine Azovstal, ces civils ukrainiens ont vécu l’enfer. "On a passé deux mois dans l'obscurité", raconte Natalia, une employée de l'usine Azovstal entrée dans le bunker fin février et qui n'en était pas sortie depuis.

"Le mois dernier, nous étions 40. Pour nous nourrir, nous avions six boîtes de conserve, avec lesquelles nous préparions six seaux de soupe", raconte Yelena.

"Il y avait des bombardements tous les jours. Tout le temps nous étions cachés dans l'abri", témoigne Olga, une autre rescapée.

Un état de santé qui inquiète

De nombreux enfants étaient présents dans l'usine pendant des dizaines de jours. "Leur état émotionnel est absolument terrible. Il y a des enfants qui n'ont pas mangé depuis deux semaines, et qui disent qu'ils sont habitués à ne plus manger", indique Zlata Nekrasova, sous-cheffe de l'administration régionale de l'Oblast de Zaporijia.

Les conditions de vie, qualifiées "d'apocalyptiques" par l’Unicef, pourraient laisser des traces, selon James Elder, Porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance.

"Toutes les personnes à qui j'ai parlé et qui sont sorties partagent la même expérience épouvantable de la vie sous terre, d'être en permanence terrifiées, de voir des gens, des enfants blessés", dit-il.

Aide humanitaire, psychologues, structures d’accueil: à Zaporijia, tout est déjà là pour accueillir les rescapés, avant une évacuation vers des zones éloignées des combats.

Mais la mise à l'abri des civils retranchés dans l'usine Azovstal n'est pas terminée. Selon le commandant adjoint du régiment Azov, elle serait même impossible "car le territoire est en permanence sous des tirs", alors qu'il "y a toujours environ 200 civils dont une vingtaine d’enfants" dans le bâtiment.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - L'Ukraine espère de nouvelles évacuations de civils à Marioupol

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