Bolsonaro et ses partisans comparés à LFI : Séjourné réveille la colère de Mélenchon

Stéphane Séjourné, secrétaire général de Rensaissance, sur le plateau de Public Sénat lundi 9 janvier

Le leader de Renaissance s’est fendu d’une comparaison hasardeuse entre LFI et les partisans de Bolsonaro, provocant une passe d’armes entre macronistes et insoumis.

POLITIQUE - Quand, au Brésil, des partisans de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro se comportent comme des putschistes, le secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné appelle, en France, à se méfier… de la France insoumise.

Invité ce lundi 9 janvier sur Public Sénat, ce proche d’Emmanuel Macron a naturellement été interrogé sur les scènes glaçantes observées à Brasília. « Les démocraties doivent se protéger de tout ça », a réagi l’eurodéputé, ciblant en France « la tentation de remettre en cause la légitimité politique » des élus, citant des « fake news » ayant circulé dans l’hexagone à ce sujet en 2017 et 2022.

Et Stéphane Séjourné de préciser : « On voit bien de la part de LFI, je ne veux pas les nommer, mais il y a eu une tentation d’expliquer que la légitimité des élus était remise en cause pour telle et telle raison et il faut faire attention ».

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Une sortie qui a fait bondir du côté de la France insoumise. Manuel Bompard, Arnaud Le Gall, Thomas Portes, Aurélien Saintoul… Plusieurs députés LFI sont rapidement montés au créneau pour dénoncer sur Twitter la « minable attaque » de Stéphane Séjourné.

En parallèle, Loïc Signor, porte-parole de Renaissance, répliquait en exhumant une citation de Jean-Luc Mélenchon, selon laquelle il disait « douter » des résultats du premier tour des élections législatives. Ce qui validerait donc l’attaque faite par Stéphane Séjourné.

À ceci près que le leader de la France insoumise ne contestait pas les scores en tant que tels (ce que font les bolsonaristes au Brésil), mais le découpage par nuances politiques établi par le ministère de l’Intérieur, qui refusait de comptabiliser les candidats de la NUPES sous la même bannière. Ce qui est très différent et a fait à l’époque l’objet de nombreux articles.

Le Monde avait par ailleurs montré que cela n’était pas sans incidence dans la perception des résultats. « La place Beauvau donne la majorité présidentielle à 25,75 % au premier tour, devant l’alliance de gauche (25,66 %), mais notre calcul aboutit à un ordre inverse en raison de notre politique de réétiquetage des candidats », écrivait le quotidien.

Séjourné - Mélenchon, le ping-pong continue

Dans l’après-midi, c’est Jean-Luc Mélenchon en personne qui a exprimé sa colère. « Honteuse comparaison. Mais quand les policiers factieux s’en sont pris à notre siège en 2018 la macronie n’avait rien à dire », a-t-il grondé en référence à un rassemblement organisé à l’époque par le syndicat Unité police SGP FO devant le QG de LFI, pour dénoncer le soutien apporté par quatre députés insoumis à Adama Traoré, un militant contre les violences policières.

Une contre-attaque dont s’est immédiatement saisi Stéphane Séjourné, qui a répondu en accusant l’ancien candidat à la présidentielle d’insulter les forces de l’ordre.

« Encore un dérapage. Après ’la police tue’, les ’policiers factieux’. Jean-Luc Mélenchon est un peu le Noël Le Graët de la NUPES. Seule différence : il ne s’excuse jamais », a rétorqué le patron de Renaissance, remettant une pièce dans la machine à clash.

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Alors que le sujet initial portait (rappelons-le) sur les événements déplorés au Brésil, Manuel Bompard a saisi la balle au bond pour répondre au leader du parti présidentiel. « Que Stéphane Séjourné ne voit pas de problème à ce qu’un syndicat de police manifeste devant le siège d’une organisation politique en dit long sur sa conception du rôle de la police en France », a rétorqué le coordinateur de la France insoumise.

Comme nous l’expliquions au mois de janvier 2022, un seul camp a joué en France durant la présidentielle la musique dangereuse d’une possible manipulation des résultats : l’extrême droite.

VIDÉO - Un Brésil "choqué" au lendemain de l'attaque sur les lieux de pouvoir à Brasilia

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