Bolivie: mandat d'arrêt contre l'ex-présidente Jeanine Añez, des ex-ministres arrêtés

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Le parquet bolivien a ordonné vendredi l'arrestation de l'ex-présidente par intérim Jeanine Añez, pour « sédition et terrorisme » dans le cadre d'une enquête sur les événements de novembre 2019 qui ont conduit au départ anticipé d'Evo Morales du pouvoir. Plusieurs des ministres de son gouvernement et des hauts responsables militaires de l'époque sont aussi visés par ce mandat d'arrêt.

Avec notre correspondante à la Paz, Alice Campaignolle

L’ex-ministre de la Justice et l’ex-ministre de l’Énergie ont tous les deux été arrêtés par les forces de police vendredi après-midi 12 mars. D’autres membres de l’ancien gouvernement devraient être appréhendés dans les heures qui viennent. Six mandats d’arrêt au total, émis contre ceux qui composaient le gouvernement intérimaire, non élu, pour être à l’origine du coup d’État contre Evo Morales. «Coup d’État» que d’autres citoyens en Bolivie considèrent comme une démission.

Pour l’un des ministres arrêtés, Rodrigo Guzman, ses droits n’ont pas été respectés : « Il y a un mandat d’arrêt contre moi pour sédition et terrorisme alors qu’en réalité je n’ai jamais reçu aucune notification. Mais peu importe, nous allons faire front et continuer à être de farouches opposants à ce gouvernement tyrannique. »

Un mandat d’arrêt a également été lancé contre l’ex-présidente Jeanine Añez, accusée également d’avoir fomenté le départ d’Evo Morales le 10 novembre 2019.

Face à ces arrestations, la Bolivie se divise de nouveau. D’un côté ceux qui considèrent que la justice fait simplement son travail et poursuit des autorités qui ont enfreint les règles de la démocratie, de l’autre ceux qui y voient une persécution politique. Deux ex-ministres, parmi les plus importants du gouvernement intérimaire, à l’époque, ont quitté le territoire bolivien depuis déjà des mois, certainement pour échapper à l’arrestation.