En Bolivie, indignation après la lourde condamnation de l’ex-présidente Jeanine Áñez

PHOTO / DAVID MERCADO / REUTERS

L’une des femmes politiques les plus connues de Bolivie, Jeanine Áñez (centre droit), qui avait présidé le pays par intérim entre 2019 et 2020, a été condamnée à dix ans de prison, vendredi 10 juin, par un tribunal de première instance de La Paz.

“La vengeance est consommée”, s’indignait, dimanche 12 juin, dans son éditorial, le quotidien indépendant Página Siete :

“Lors de l’un des verdicts les plus rapides et aberrants de l’histoire de la Bolivie, l’ex-présidente […] a été condamnée pour un délit qui n’existe pas.”

“Souffrance et injustice”, titre pour sa part l’éditorial du plus ancien quotidien du pays, El Diario, qui évoque lui aussi “un plan de vengeance […] d’une cruauté inédite”.

Une période trouble

En détention préventive depuis plus d’un an, Jeanine Áñez est accusée par le gouvernement actuel de Luis Arce, du parti MAS (Mouvement vers le socialisme), de gauche radicale, d’avoir fomenté un coup d’État lors d’une des périodes les plus troubles de l’histoire récente du pays, en novembre 2019.

Le fondateur du MAS, Evo Morales, était alors sur la sellette. Président depuis 2006, il venait d’être réélu pour un quatrième mandat lors d’un scrutin entaché de fraudes, selon les observateurs internationaux. Les grandes manifestations qui ont suivi l’avaient poussé à s’exiler au Mexique.

Face à un vide total du pouvoir, Jeanine Áñez, à l’époque seconde vice-présidente du Sénat, avait assumé le rôle de chef d’État par intérim, désignation validée par le Tribunal constitutionnel.

Un an plus tard, Jeanine Áñez transmettait le pouvoir au président élu Luis Arce, dauphin d’Evo Morales, rentré d’exil.

Une peine trop légère ?

Après la condamnation de l’ex-présidente, Evo Morales s’est félicité sur son compte Twitter :

“Dix ans de prison, c’est une peine légère en comparaison des dommages causés à la démocratie.”

De son côté, relate notamment le quotidien La Razón, la présidence a annoncé vouloir “faire appel contre le verdict pour que l’ex-présidente soit condamnée à quinze ans de prison”.

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