Bolivie: sur fond de coronavirus, la présidente par intérim critiquée de toutes parts

En Bolivie, la lutte contre le Covid-19 oblige à des mesures restreignant les droits et libertés, notamment la liberté de circulation, comme partout dans le monde. Mais dans le pays andin, la colère monte, au-delà des restrictions dues au coronavirus, les autorités non élues qui dirigent le pays semblent adopter une tendance de gouvernement de plus en plus autoritaire.

De notre correspondante à La Paz,

La présidente bolivienne a le sens du détail. Elle a choisi la journée dédiée aux journalistes en Bolivie, dimanche dernier, pour rendre public un décret présidentiel restreignant encore un peu plus la liberté de la presse dans le pays.

Il y est précisé que toute personne produisant une information écrite ou imprimée semant le doute quant au Covid-19, pourra être poursuivie pour atteinte à la santé publique. Ici, ce sont les journalistes et les internautes qui sont directement visés.

Tollé donc chez les professionnels de l’information, et ils ne sont pas les seuls être fâchés. Ces jours-ci, la présidente par intérim Jeanine Añez est critiquée de toute part. Notamment depuis un autre décret présidentiel permettant l’entrée de plusieurs semences transgéniques dans le pays, alors que jusqu’ici seulement deux types de soja OGM étaient plantés sur le sol bolivien.

Les associations de protection de l’environnement rejettent donc cette décision, et derrière elles des dizaines de milliers de citoyens inquiets. Et beaucoup rappellent que l’actuel gouvernement en Bolivie manque de légitimité car il n’a pas été élu, or cela fait maintenant six mois qu’il dirige le pays, et que des soupçons de corruption pèsent sur plusieurs ministres.