Bolivie : au moins quatre morts à Santa Cruz, théâtre de violentes manifestations

La Bolivie est le théâtre d'un bras de fer entre le président Luis Arce et la ville de Santa Cruz, un fief de l'opposition et capitale économique du pays, où des manifestations ont fait au moins quatre morts et des dizaines de blessés. Les manifestants exigent que le recensement de la population, prévu en 2024, soit avancé à l'année prochaine. Une requête refusée par le pouvoir. Le recensement actuel, jugé obsolète, influe sur la répartition des sièges au Parlement et les financement publics.

Les manifestations qui durent depuis 20 jours dans la région de Santa Cruz (centre), fief de l'opposition et moteur économique de la Bolivie qui réclame un recensement de population, ont fait quatre morts et 178 blessés, selon un bilan officiel présenté jeudi.

Il y a "quatre personnes décédées (...), un cas de viol collectif (...) et nous avons 178 rapports de blessures", a déclaré la Secrétaire générale de la présidence, Maria Nela Prada, lors d'une conférence de presse. Un seul décès avait jusqu'ici été annoncé par les autorités, celui survenu le 22 octobre lors du déclenchement des manifestations pour exiger un recensement anticipé.

Le recensement sert à recalculer la répartition des sièges au Parlement et les ressources publiques. Or la région de Santa Cruz, la locomotive économique de la Bolivie et la plus peuplée, gouvernée par l'opposition de droite, estime être défavorisée par un recensement obsolète datant d'il y a plus de 10 ans.

Deux décès sont les conséquences de bagarres de rue entre partisans pro-gouvernementaux et opposants. Les deux autres sont survenus lors d'accidents sur des barricades érigées pour bloquer les routes.

La proche collaboratrice du président de gauche Luis Arce a exhorté les autorités judiciaires à "agir rapidement pour que justice soit faite et que ces événements ne se reproduisent plus jamais".

Les manifestants exigent que le recensement soit mené d'ici à 2023, alors que le gouvernement estime que les conditions techniques ne sont pas réunies avant 2024, soit un an avant la prochaine présidentielle.

La ville de Santa Cruz, qui compte près de 2 millions d'habitants, est isolée du reste du pays avec des barrages routiers sur toutes les voies de communication.

AFP