Une «Bohème» sidérale et sidérante

Libération.fr

En propulsant l’opéra de Puccini dans une station spatiale, Claus Guth lui offre un dépoussiérage salutaire, quitte à faire bondir les puristes.

Si Claus Guth avait vêtu de costumes rapiécés ses héros coincés dans une mansarde gelée, cette Bohème aurait été banale. Mais le metteur en scène allemand a décidé de stupéfier le public de l’Opéra Bastille en propulsant dans une station spatiale les protagonistes de l’opéra de Puccini, pourtant clairement inscrits dans une époque, les années 1840, un lieu, Paris, et un niveau de vie, la dèche. Jusqu’au 31 décembre, les artistes des faubourgs se retrouvent dans une ambiance Gravity-Alien-2001 avec planètes scintillantes à l’arrière-plan. Une vision salutaire, une vision sifflée comme rarement lors d’une première à l’Opéra.

Trublions. Claus Guth est pourtant un artiste sage. Il a présenté ces deux dernières années à Paris des mises en scène insipides : un Rigoletto dans un carton à souvenirs, et un Lohengrin enchâssé dans la cour d’un immeuble. Il y a jeté ce qui, par la force de la répétition, devient un tic : une fascination pour le clinquant des spectacles mi-cabaret à jarretelles, mi-prestidigitation avec costume de Mandrake le magicien ; et la religion du double - par exemple, le double d’un protagoniste, enfant, qui rend visite à son soi adulte avant qu’il ne meure - pour des rencontres à fort pathos ajouté. Le rapprochement de mondes inconciliables fait vibrer Claus Guth au point de faire parfois passer son travail en force au-dessus de la musique. Il ne varie pas dans cette Bohème, avec cette fois plus d’à-propos.

Comment transformer le Paris de la monarchie de Juillet en Soyouz contemporain ? En passant par le rêve, voire le délire. L’équipage dérive et Rodolfo se souvient du passé, de sa Mimi si malade. Il parcourt en habit de cosmonaute la scène hantée par des figures de ses souvenirs, avec qui il chante, et une cohorte de trublions magiciens à mesure que la mort approche. Le procédé semble gratuit, rocambolesque, (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

Yasmina Reza, langue de dispute
Nicolas Bouchaud : «Entrer dans l’esprit de quelqu’un qui fait les cent pas dans sa tête»
Gisèle Vienne, mauvais esprits
«APRÈS LA PLUIE» DE SERGI BELBEL, M.S. LILO BAUR, THÉÂTRE DU VIEUX COLOMBIER
«CAP AU PIRE» DE SAMUEL BECKETT, M.S. JACQUES OSINSKI, ATHÉNÉE THÉÂTRE LOUIS-JOUVET

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages