Vaccins: L'UE doit bloquer les exportations si retard dans les livraisons, selon Macron

·2 min de lecture
VACCINS: L'UE DOIT BLOQUER LES EXPORTATIONS SI RETARD DANS LES LIVRAISONS, SELON MACRON

PARIS (Reuters) - Bloquer toutes les exportations des vaccins contre le coronavirus serait une erreur pour l'Union européenne, a déclaré jeudi soir le président français Emmanuel Macron, prévenant toutefois qu'il fallait procéder ainsi quand des laboratoires ne respectaient pas leurs engagements de livraisons avec l'UE.

La Commission européenne a présenté mercredi un plan destiné à renforcer le contrôle des exportations de vaccins contre le COVID-19, avec une plus grande latitude pour bloquer les livraisons vers les pays affichant un taux de vaccination plus élevé.

Cette démarche a provoqué des tensions avec la Grande-Bretagne, où la campagne vaccinale est plus avancée que dans le bloc communautaire et qui n'exporte pas de vaccins vers l'UE.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion par visioconférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, Emmanuel Macron a dit "soutenir" les mécanismes de contrôle mis en place par la Commission.

"C'est la fin de la naïveté", a-t-il déclaré, ajoutant être favorable à "bloquer toutes les exportations aussi longtemps que des laboratoires ne tiendront pas leurs engagements avec les Européens".

Le président français a relevé que les contrats passés par Bruxelles avec Pfizer et avec Moderna avaient été "honorés", mais que "les engagements avec AstraZeneca ne l'ont pas été, et de très loin", évoquant le nombre de 30 millions de doses livrées à l'UE jusqu'à présent, au lieu des 120 millions promises par le laboratoire anglo-suédois.

Soulignant que les "Vingt-Sept" devaient tirer "toutes les conséquences" de la vitesse supérieure avec laquelle d'autres pays ont déployé les vaccins contre le coronavirus, faisant écho à des propos tenus lors d'un entretien à la télévision grecque, Emmanuel Macron a déclaré que l'UE deviendrait d'ici l'été le principal producteur mondial de vaccins contre le coronavirus.

Plus tôt dans la soirée, le président du Conseil européen, Charles Michel, a indiqué que les dirigeants européens étaient convenus lors de la réunion d'accroître la production de vaccins contre le coronavirus en Europe et d'en améliorer le déploiement.

Evoquant la situation sanitaire en France, Emmanuel Macron a déclaré que les prochaines semaines seraient difficiles, et que de nouvelles restrictions devraient vraisemblablement être décidées par le gouvernement.

Le chef de l'Etat a estimé par ailleurs que la France avait eu raison de ne pas décréter un confinement national fin janvier, alors que plusieurs pays de l'UE ont pris des mesures de confinement.

"Il n'y a pas eu l'explosion prévue par tous les modèles", a-t-il assuré, ajoutant n'avoir "aucun mea culpa à faire, ni aucun remord, ni aucun constat d'échec".

(Jean Terzian, avec Michel Rose)