Bloom, la drogue qui rend fou l’archipel de Madère

PHOTO JULIAN POTTAGE/robertharding via AFP

“Ils se jettent contre les murs, se mutilent et finissent en sang.” Le témoignage de Dario Sanguedo, paru dans les colonnes d’Expresso cette semaine, est saisissant. Ce commissaire de police de Funchal, capitale de l’archipel de Madère – la région du Portugal où l’on consomme le plus de drogues de synthèse, souligne l’hebdomadaire – relate la difficile appréhension, par ses équipes, des consommateurs de “bloom”, ainsi qu’ils nomment cette substance psychoactive.

Ceux qui en sont accros “sont aussi violents avec leur famille, avec tous ceux qui croisent leur chemin”, ajoute le policier. Cette drogue sous forme de cristaux, commandée sur Internet et livrée à domicile, très peu chère comparée à la cocaïne ou à l’héroïne, fait parler d’elle dans la presse portugaise depuis quelques années. Et pour cause : les conséquences de sa circulation à Madère sont terribles. Expresso relate :

“On la vend et on la consomme presque en plein air, tout près du centre de Funchal. Il y a des fusillades, des arrestations, des habitants et des touristes effrayés qui refusent de revenir, des hospitalisations pour troubles mentaux.”

Hausse des crimes violents et des psychoses toxiques

À titre d’exemple, à la fin de septembre, dans la seule Casa de saudé São João de Deus, une clinique psychiatrique qui ne prend en charge que les hommes adultes, on comptait déjà 120 admissions pour psychose toxique due au bloom. Pedro Gomes, le maire de la commune de São Roque, évoque “l’alarme sociale” déclenchée par ce problème de santé publique, les pages de plaintes qu’il reçoit des habitants, dénonçant la hausse des crimes violents, mais aussi les vols et les cambriolages commis par les toxicomanes qui “s’emparent de tout ce qui peut leur rapporter quelques euros pour acheter leur dose”.

Pour une réponse plus prompte des autorités, Pedro Calado, le maire PSD (droite) de Funchal, plaide, lui, pour un amendement de l’actuelle législation en matière de drogues :

“C’est un travail pour la société dans son ensemble, mais cela implique de changer la loi. En l’état, le criminel est toujours en avance.”

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