Un parasite pourrait causer la schizophrénie

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La schizophrénie pourrait-elle être causée par un parasite? Une personne comme Luka Magnotta pourrait-elle être infectée par une petite bestiole?

Même si les chercheurs s’entendent pour dire que la schizophrénie provient d’une combinaison de facteurs héréditaires (108 gènes associés à la condition ont été identifiés) et environnementaux, la compréhension qu’on a des causes est encore relativement limitée.

Voilà qu’une récente étude de l’Université de Pennsylvanie avance qu’un cas de schizophrénie sur cinq, ou 21,4% au cours d’une vie, pourrait être lié à une infection par Toxoplasma gondii. Selon Gary Smith, professeur de biologie et d’épidemiologie de population à la tête de l’étude, on trouve aussi une prévalence accrue de l’infection dans certains pays où l’incidence de schizophrénie est plus élevée.

La schizophrénie est une maladie mentale envahissante liée à la psychose selon la Société québécoise de la schizophrénie: hallucinations (entendre, voir ou sentir des choses qui n’existent pas), délires (croyances inhabituelles qui vont à l’encontre de la réalité), difficulté à entrer en relation avec les autres, paranoïa, comportements bizarres, etc.

Un parasite commun

L’infection par T. gondii est très commune. Environ le tiers de la population est infecté et la majorité n’est pas au courant, selon l’étude publiée dans le journal Preventive Veterinary Medicine.

Les humains peuvent être infectés au contact des excréments de leurs chats par exemple, ou encore en consommant de la viande mal cuite ou de l’eau contaminées. D’ailleurs, les taux d’infection sont plus élevés dans les pays qui domestiquent les chats depuis longtemps et où l’on consomme de la viande crue, indique une étude de 2000.

La plupart des gens infectés ne présentent pas nécessairement de symptômes particuliers. Toutefois, les individus au système immunitaire affaibli, comme les patients atteints du VIH, sont plus vulnérables à l’encéphalite toxoplasmique, une complication potentiellement fatale associée au T. gondii. Les fœtus peuvent aussi mourir en raison du parasite ou subir de graves problèmes de développement.

Et certaines études ont déjà établi qu’un lien avec la schizophrénie était possible. En effet, puisque que le parasite se loge dans le cerveau et les muscles, l’infection peut changer le comportement et la personnalité.

En 2007, une revue d’études sur le protozoaire T. gondii a conclu que les gens infectés étaient 2,7 fois plus susceptibles de développer la schizophrénie.

Êtes-vous manipulé?

Spécialiste de la manipulation parasitaire, Frédéric Thomas assure qu’il arrive fréquemment qu’un organisme contrôle le comportement d’un autre à son insu, rapporte Agence Science-Presse. Le comportement suicidaire de certaines espèces animales infectées (afin de favoriser la propagation du parasite) a notamment été observé chez les grillons et les crustacés, fait-il remarquer.

Des chercheurs de l’Université Stanford ont aussi montré qu’un rat qui mange les excréments contaminés devient une proie plus facile pour les félins parce que le parasite élimine sa peur. T. gondii touche les réseaux neuronaux et l’odorat du rat, ce qui l’incite à croire que le chat est un partenaire sexuel potentiel, et non un prédateur.

Les résultats d’une autre recherche menée au Danemark montrent que les mères avaient 53% plus de risques de se suicider ou d’essayer de le faire en raison de la toxoplasmose. La condition augmenterait même les risques d’accidents de voiture, le parasite réduisant le temps de réaction.

D’autres études du tchèque Jaroslav Flegr (lui-même infecté) montrent que les personnes atteintes vivent davantage d’anxiété. En réaction, les femmes ont tendance à mieux s’habiller, à rechercher le réconfort en développant de plus nombreuses amitiés, à faire davantage confiance aux autres et à se conformer à la demande. Les hommes, eux, tendent à s’isoler, à être plus hésitants et méfiants et à s’habiller moins bien que les non infectés.

«Plutôt que de ridiculiser l’idée d’une connexion entre le T. gondii et la schizophrénie parce qu’elle semble si extraordinaire, nous pouvons considérer les preuves […] afin de trouver des façons de réduire le nombre de personnes infectées», dit le professeur Gary Smith.

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