Trop d’Internet peut être dangereux pour la santé mentale des enfants

Trop d’Internet peut être dangereux pour la santé mentale des enfants

L’utilisation abusive d’Internet entraîne des problèmes de santé mentale chez les enfants, avertit l’organisme de santé publique d’Angleterre (Public Health England). En effet, il existerait un lien entre un sentiment de bien-être plus faible et la quantité de temps passée en ligne, indique-t-on dans le magazine Mail Online.

Même si cet effet apparaît déjà à des niveaux faibles d’utilisation, le lien est encore plus évident lorsque les enfants passent plus de quatre heures par jour devant l’écran.

Selon le rapport, les enfants qui passent plus de temps sur les réseaux sociaux et les jeux vidéo multijoueurs en ligne ont tendance à ressentir plus de détresse émotionnelle, d’anxiété et de dépression. «Chaque heure additionnelle de visionnement augmente la probabilité que les enfants vivent des problèmes socioéconomiques et aient une estime de soi plus faible», indique le rapport de l'organisme gouvernemental.

Par conséquent, les jeunes font face à des maladies mentales et à des problèmes sociaux, tels que la solitude, la dépression, l’anxiété, la faible estime de soi, un niveau accru d’agressivité et une baisse du sentiment d’acceptation sociale.

Entre 2006 et 2010, la proportion de jeunes jouant à des jeux vidéo la semaine pour deux heures ou plus par soir avait grimpé de 42% à 55% chez les garçons et de 14% à 20% chez les filles en Grande-Bretagne. Par ailleurs, plus de 85% des enfants de plus de 13 ans sont maintenant présents sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter.

Parallèlement, un jeune sur cinq rapporte un faible bien-être, un enfant sur dix a un problème de santé mentale et un adolescent sur trois se sent triste et déprimé au moins une fois par semaine. En outre, davantage de mineurs sont hospitalisés en psychiatrie aujourd’hui et le nombre d’appels concernant la cyberintimidation, l’automutilation et les pensées suicidaires aux lignes d’écoute pour les jeunes a monté en flèche.

(N.B.: On peut s’attendre à des données comparables dans les pays occidentaux comme le Canada où l’utilisation d’Internet sur les ordinateurs, les téléphones intelligents et les tablettes électroniques est tout aussi répandue.)

Quelques cas très médiatisés

Il y a eu plusieurs cas rapportés dans les médias de jeunes qui se sont suicidés en raison de la cyberintimidation et de l’exploitation sexuelle en ligne. Les cas des Canadiennes Amanda Michelle Todd (15 ans) et de Rehtah Parsons (17 ans) en 2012 et en 2013 avaient notamment fait les manchettes.

Une autre adolescente de 15 ans, la britannique Tallulah Wilson, s’était jetée sous un train en 2102 après s’être créée une nouvelle personnalité en ligne parce qu’elle croyait être incapable de se faire des amis dans la vraie vie. En ligne, son alter ego prenait de la cocaïne, buvait, se coupait et avait de nombreux fans. Quand sa mère horrifiée a découvert ce que sa fille tramait, elle a exigé que Tallulah ferme son compte. Mais la réalité était tellement teintée par la fiction que la jeune fille a préféré en finir avec sa vie réelle.

L’influence des médias sociaux sur le cerveau

Pourquoi les médias sociaux augmentent-ils le sentiment de solitude, l’anxiété et la dépression? Cette vidéo tente l’explication.

http://www.youtube.com/watch?v=c6Bkr_udado

Pour bien fonctionner dans un groupe, les humains doivent bien en connaître tous les membres. Or, nous sommes incapables de connaître intimement au-delà d’environ 150 personnes.

Dans notre société axée sur la performance, les médias sociaux offrent l’illusion que toute une vie sociale peut être gérée par quelques textos ou clics de souris. Or, «en collectionnant les amis comme des timbres, en ne faisant pas la distinction entre qualité et quantité et en convertissant la signification profonde et l’intimité de l’amitié par des échanges de photos et du chat, nous sacrifions les vraies conversations pour de simples connexions», dit-on dans la vidéo qui cite les mots de Sherry Turkle, professeure d’études sociales de la science et de la technologie au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

«Nous avons peur de l’intimité et les réseaux sociaux nous offrent trois gratifications: nous pouvons porter notre attention là où nous le voulons, nous pouvons toujours être entendus et nous n’aurons jamais à être seuls.»

Pourtant, la solitude est la «maladie» la plus commune de ce siècle. Aller en ligne chaque fois qu’on se sent seul nous empêche d’apprendre à mieux se connaître soi-même pour ensuite être en mesure de mieux interagir avec autrui en temps réel, sans l’option d’éditer l’image qu’on tente de projeter en ligne, ajoute Mme Turkle.

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