Nelson Mandela, l’Afrique du Sud et nous

·Chroniqueur national et international
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Les hommages et la reconnaissance n’ont pas attendu la mort de Nelson Mandela. Il mérite une place privilégiée au Panthéon de l’humanité.

Nul autre contemporain n’a joué un rôle aussi grand en faveur de la réconciliation et l’égalité entre les humains. Il fut la conscience de son époque. Comme Gandhi, qui d’ailleurs vécut lui aussi en Afrique du Sud. Rares sont ceux qui ont fait à notre époque une telle unanimité. À part Jean-Paul II, je n’en vois pas d’autres.

Page spéciale: Nelson Mandela   1918-2013

Né d’une famille royale Xhosa du Transkei, Nelson Mandela a passé 27 ans en prison, aux travaux forcés pour avoir dirigé la lutte contre l’Apartheid. Mais la justice et la raison ont fini par triompher. D’ennemi de l’état raciste sud-africain, il est devenu chef de l’État d’Afrique du Sud où tous les hommes sont égaux. Il aurait pu facilement devenir un dictateur mégalomane et accapareur comme c’est arrivé trop souvent en Afrique. Regardez seulement ce qui se passe dans le pays d’à côté, le Zimbabwe où Robert Mugabe, héros de la libération comme Mandela, est devenu un tyran fou dont la vindicte maladive contre les blancs a plongé le pays dans la ruine et la désolation.   

Responsable du bras armé de l’ANC (African National Congres), Mandela fut emprisonné par les racistes blancs pour «terrorisme». Il fut un bien curieux terroriste. Il prônait le sabotage qui évite de tuer ou de blesser ses ennemis afin de «ménager les meilleures chances aux relations interraciales à venir». Peu de chefs de guerre dans l’histoire ont agi avec une telle mansuétude envers leurs ennemis. L’ANC ne se décida d’ailleurs à avoir recours à la violence qu’après le massacre de Sharpeville après des décennies d’opposition non violente.

C’est grâce à des informations provenant de la CIA que la police sud-africaine réussit à arrêter Mandela. À l’époque, la situation des Noirs dans les États sudistes américains était à peine meilleure que celle des noirs sud-africains. Washington, comme Londres d’ailleurs, adoptera une politique scandaleusement hypocrite envers le régime raciste de Prétoria. Officiellement, ils condamneront haut et fort la politique d’apartheid, mais secrètement, ils armeront l’armée et la police sud-africaine directement ou indirectement. Israël collaborera au programme nucléaire des Africanders avec l’accord tacite de Washington. La CIA assurera le transfert de la technologie des canons à longue portée de Gérald Bull à l’Afrique du Sud.

Il faut souligner le rôle exemplaire qu’a joué le Canada, et en particulier le premier ministre Brian Mulroney, pour appuyer Nelson Mandala dans sa lutte pour le renversement du régime d'apartheid. Peu de pays en ont fait autant.

L’arrivée au pouvoir de la majorité noire ne fut pas facile. Il aurait pu se développer une situation semblable à celle de l’Algérie lors de l’indépendance de la France: une guerre civile entre les racistes blancs réfractaires, l’ANC à dominante Xhosa et l'Inkhata zoulou. Nelson Mandela et Frederic de Klerk l’évitèrent et obtinrent le prix Nobel de la paix.

Nelson Mandela a été de ceux qui ont imaginé durant la période de transition la création d’une «Commission de la vérité et de la réconciliation» pour entendre les témoignages des victimes des exactions et des crimes commis durant la lutte de libération. Son président, le prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, nota que «sans pardon, il n'y a pas d'avenir, mais sans confessions, il ne peut y avoir de pardon».

On ne verra jamais le jour au Canada, où l’on créera une semblable commission pour se pencher sur les crimes et les injustices commis à l’endroit des autochtones, des Acadiens, ou des francophones en général. On dira qu’il est maintenant beaucoup trop tard. Brian Mulroney s’est excusé auprès des Nippo-Canadiens pour les injustices perpétrées contre eux durant la Seconde Guerre mondiale. C’est, encore une fois à son honneur.

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